MANDERLAY (film)
de Lars von TrierDrame danois - Durée 2h19min
Sortie le 6 novembre 2005
avec Bryce Dallas Howard , Isaach de Bankolé, Danny Glover, Jeremy Davies, Stellan Skarsgard, Lauren Bacall, Chloë Sevigny, Jean-Marc Barr, Udo Kier, Willem Dafoe...
Nous sommes en 1933. L'action se situe à Manderlay dans l'état d'Alabama. Après avoir mis un terme aux agissements de la communauté de Dogville, Grace et son père s'apprêtent à rejoindre leur domaine, lorsqu'ils passent à proximité d'une plantation de coton, un domaine isolé du nom de Manderlay. Elle découvre que l'esclavage y sévi encore très durement, bien qu'il ait été officiellement aboli près de soixante-dix ans auparavant. Rongée par la culpabilité, Grace s'engage auprès des occupants de Manderlay à les aider à se défaire de leurs chaînes. Désireuse de leur apprendre à faire bon usage de leur liberté fraîchement acquise, elle tente de leur imposer les principes de base de la démocratie. Portée par son idéalisme et sa générosité, elle leur enseigne une poignée de notions en vue de leur intégration à la société comme la liberté, l'égalité et la fraternité.
Ce film provoque déjà beaucoup de débats et d'avis opposés. Il faut dire que Lars von Trier est très provocateur et laisse peu indifférent. Déjà, il y a la forme, cette audace d'avoir filmé sur un plateau rappelant un décor de théatre, très dépouillé et encerclé par l'obscurité complète. C'était déjà le cas pour Dogville (que je n'ai pas vu), premier volet de la trilogie dans laquelle s'inscrit ce film. Cela dit, j'ai trouvé cette mise en scène très jolie, notre attention est alors entièrement portée sur les personnages et leurs visages expressifs.
Maintenant sur le fond, je crois qu'il y a plusieurs axes de lecture. En effet, je ne pense pas qu'il faille le voir comme un film sur l'esclavage qui contiendrait des révélations historiques. La thèse simplifiée est que les Noirs ayant été esclaves ne peuvent vivre libres car ils n'en ont pas les capacités. Et à juste titre, ce point de vue contestable provoque de nombreuses réactions.
Je pense qu'il vaut mieux le voir comme une fiction que Lars von Trier a certes placée dans ce contexte de l'esclavage, mais en faisant évoluer des personnages qui sont intemporels et qui illustrent aussi bien d'autres situations. On voit très aisément le parallèle qu'il y a entre cette femme sûre d'elle voulant inculquer de bonnes valeurs à ses prochains et la politique américaine en Irak par exemple... C'est avant tout un film sur les préjugés et les idéaux, sur la nature humaine et ses travers, sur la difficulté de penser pour les autres.
L'histoire racontée tout au long de ses huit chapitres révèle la progression de ses personnages et nous réserve de belles surprises et, à la fin, de tragiques rebondissements avant une revue par des photos en n&b des évènements ayant touché la communauté Noire aux Etats-Unis au siècle dernier.
Je pense qu'il vaut mieux le voir comme une fiction que Lars von Trier a certes placée dans ce contexte de l'esclavage, mais en faisant évoluer des personnages qui sont intemporels et qui illustrent aussi bien d'autres situations. On voit très aisément le parallèle qu'il y a entre cette femme sûre d'elle voulant inculquer de bonnes valeurs à ses prochains et la politique américaine en Irak par exemple... C'est avant tout un film sur les préjugés et les idéaux, sur la nature humaine et ses travers, sur la difficulté de penser pour les autres.
L'histoire racontée tout au long de ses huit chapitres révèle la progression de ses personnages et nous réserve de belles surprises et, à la fin, de tragiques rebondissements avant une revue par des photos en n&b des évènements ayant touché la communauté Noire aux Etats-Unis au siècle dernier.
Site officiel
La critique d'Afrik.com
L'interview d'Isaac de Bankolé sur Grigri.com
Libellés : Cinéma européen, Film, Von Trier Lars
4 Commentaires:
Ca y est!! Chose promise chose due... je viens enfin conseiller à tous les adeptes de ton site, comme à toutes les personnes avec qui je parle cinéma en ce moment, ce film dans lequel chacun se retrouvera un peu dans le personnage principal, Grace. En effet personne n'est a l'abri de projeter sur l'autre, le voisin, l'inconnu, l'étranger, ce qu'on pense être bien pour nous et pour lui!
En dehors du sujet traité, la mise en scène vaut le détour de part son originalité!
lundi, 21 novembre, 2005
Oui, je suis d'accord avec toi, et après coup, on le voit de moins en moins comme un film sur l'esclavage.
Il paraît que Lars von Trier ne fait jamais des films à héros, et là c'est le cas, même si on en doute au début du film.
Merci à toi et à bientôt par mail!
lundi, 21 novembre, 2005
Je ne l'ai pas vu mais j'avais vu et beaucoup aimé "Dogville" bien qu'a priori ce ne soit pas mon style (je ne suis pas vraiment cinéphile alors les films un peu bizarres ne m'accrochent généralement pas). Je te recommande vivement de le louer ! Quant à moi je vais tenter de voir "Manderlay"
jeudi, 12 janvier, 2006
Oui, "Dogville", j'aimerais bien le voir. Je n'ai pas l'habitude de louer des films mais si l'occasion se présente, je n'y manquerai pas !
jeudi, 12 janvier, 2006
Enregistrer un commentaire
Un avis à partager ? Une suggestion à échanger ? Et vous, qu'en dites-vous ?
Links to this post:
Créer un lien
<< Home