LA JOUEUSE D'ECHECS
de Bertina HenrichsRoman - 150 pages
Editions Liana Levi - Sept. 2005
Prix des Lecteurs Nantais 2006
Dans l'île grecque de Naxos, Eleni vit une existence paisible, très paisible. Voire monotone. Mariée tôt selon les coutumes, elle est femme de ménage dans un grand hôtel et se prend parfois à rêver de l'existence des touristes et autres clients en visite. Faisant le ménage un jour, elle renverse malencontreusement un pion sur un échiquier disposé sur la table d'une des chambres. Où remettre le pion ? Quel est ce jeu auquel elle n'a jamais joué ? Cet échiquier qu'elle vient de heurter déclenchera alors une soif de découvrir qui la mènera hors de son foyer, hors de son île et de sa petite vie à laquelle elle aurait dû se cantonner pour toujours.Bertina Henrichs écrit divinement bien, c'est un vrai bonheur de lire cette histoire écrite toute en finesse et légèreté, celle d'une femme discrète, humble, mère dévouée, femme docile,... mais pas totalement résignée. Quand, sans succès, Eleni offre un échiquier à son mari pour faire rentrer ce jeu -fascinant- dans son foyer, elle se lance alors elle-même, rencontre celui qui va l'inicier et la mener aux tournois. On pourrait qualifier ce roman de petite histoire, rien de retentitssant, mais pour Eleni cela devient une grande épopée, tant il est rare dans son village de voir des femmes vivre leur vie en se permettant des occupations autres que ménagères.
Tiens !, ça me fait penser que je n'ai pas lu son homonyme masculin dans le titre : Le joueur d'échecs de Stefan Zweig...
L'avis de Clarabel - Chez ClarabelLibellés : Henrichs Bertina, Littérature francophone, Livres

9 Commentaires:
Je n'ai pas lu ce livre, mais je peux déjà te conseiller de lire Stéfan Zweig son roman est captivant. ;-)
samedi, 10 juin, 2006
Alors j'espère le lire un jour ! Je me souviens avoir beaucoup aimé La pitié dangereuse, La confusion des genres, 24h de la vie d'une femme de Stefan Zweig.
samedi, 10 juin, 2006
J'ai lu ce livre qui m'a plutôt plu même si je suis un peu moins enthousiaste. Le récit est ultra-classique (pourquoi pas?) mais l'écriture me semble un peu appliquée, un peu scolaire. Pour tout dire, ça manque un peu de chair...
Ceci dit, j'ai eu l'occasion de rencontrer l'écrivain et c'est une personnalité attachante...
samedi, 17 juin, 2006
Je suis honorée de votre visite cher Docteur... Merci!
vendredi, 23 juin, 2006
Comment ça, "ça manque de chair"? C'est quoi, docteur, une écriture ultra-classique"? ;-)
Je viens de terminer Vestiges du jour de Ishiguro et je pense, à cette occasion, m'être plongée dans une écriture conventionnelle, qui sied à la période et au milieu (ce qui est d'ailleurs étonnant car le roman est traduit de l'anglais -n'oublions donc pas aussi le merveilleux travail des traducteurs). Mais je rangerais "La Joueuse d'échecs" dans un tout autre registre. On frise parfois la gouaille, l'accent, l'intonnation d'un Camilleri qui nous plongerait sur un de ces îlots où le 21ème siècle n'aurait pas encore vu le jour alors qu'un personnage hors du commun, courageux et attachant, -femme- s'affirmera contre toute attente.
Eleni ne nous apprend-elle pas à marcher, à danser, à nous battre, traînant sans plainte balai et serpillère d'une chambre d'hôtel à l'autre, entre deux séances d'apprentissage chez son ancien maître? Déplaçant ses pions, protégeant sa reine elle met son lecteur échec et mat le temps d'une partie, doucement.
Enfin, si je devais choisir aujourd'hui entre elle et Emma Bovary (qui ne fit jamais rien de ces dix doigts), alors c'est à ses côtés que je me rangerais.
-Il y a là des murs qui tombent avec douceur (les rumeurs rances d'un petit village, la bêtise des uns, l'étroitesse d'esprit saturée des passifs train-train).
C'est beau, chez Bertina Heinrichs.
Merci Lo.
-Combien j'vous dois docteur?;-)
lundi, 10 juillet, 2006
Whhhoouuuaahhh, le commentaire !!... Merci, Adèle, c'est très beau. Reviens vite !!
lundi, 10 juillet, 2006
Je suis un ancien joueur d'échecs repenti et par ailleurs d'un naturel très germanophile. Apercevant par hasard lors des courses de Noël en librairie
(quoi de plus beau à offrir que des livres ?) l'édition Poches de ce bouquin, vu les deux précédents éléments, je n'ai pu que l'acheter.
Depuis hier soir, je suis fasciné. C'est prenant, palpitant, très bien écrit.
Evidemment, il ne restera pas comme l'ouvrage de la décennie, mais c'est tout de même d'un très bon niveau. Certes, la lecture est 'aisée', fluide. Justement, ce
sont les styles de livres dont il émane un esprit très positif, et de temps en temps, çà fait vraiment du bien.
Quant à "die Schachnovelle", traduite en français sous le titre de "Le joueur d'échecs" de Zweig, évidemment, là on tient l'un des ouvrages qui marquent le siècle précédent, quelque chose d'aussi fort que court et bref; je ne peux que vous inciter à le lire
Félicitations au passage pour votre très beau et très riche blog.
mercredi, 27 décembre, 2006
Merci Pappel, merci. Le joueur d'échecs de Zweig compte parmi les classiques que j'espère lire bientôt.
mardi, 10 avril, 2007
T'as pas lu Le joueur d'échecs, toi ? Pff... soeur indigne !
jeudi, 09 octobre, 2008
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