Cinéma d'émotions - Heures d'évasion - Echanges inspirés - Zapping critiquable . Livres (peu) aimés et Oeuvres inoubliables !...

06 septembre 2006

LE VENT SE LEVE

de Ken Loach
Film britannique
Drame historique - 2h07
Sortie France 23 Août 2006
avec Cillian Murphy, Padraic Delaney, Liam Cunningham, Orla Fitzgerald
Palme d'Or - Festival de Cannes 2006

Années 1920, en Irlande. Le jeune Damien O'Donnovan abandonne l'idée de poursuivre sa médecine à Londres tant le spectacle des brutalités infligées aux paysans de sa région, à sa famille et ses amis par les milices britanniques, devient insoutenable. Il préfère alors rester au milieu de cette lande sauvage et de ces hommes en colère en suivant les traces de son frère Teddy qui s'engage sérieusement dans l'Armée Républicaine Irlandaise. L'opression impériale s'accentue, la lutte du peuple irlandais se précise. Les deux frères affronteront ensemble et avec leurs compagnons de lutte la peur, la torture, la mort. Jusqu'à ce que les évènements tournent à la guerre fratricide.
Fratricide au sens propre du mot. Ce film est très dur. La violence tient peut-être moins aux coups de canons qu'aux cris des hommes et aux débats qui les animent. Ken Loach a le talent de nous faire vivre des évènements historiques en nous touchant avec ce que la guerre a d'humain. C'est contradictoire oui. Nos personnages sont tendres, touchants, vaillants, ont des rêves de paix et leur lutte est légitime. Pourtant ils tuent. Ils tuent leurs ennemis comme leurs compagnons coupables de trahison. C'est aussi pour cela que tant de sacrifices ne peuvent servir à rien d'autre que la liberté de leur peuple.
Si le Sinn Fein, le Dail Eireann, l'IRA sont pour nous des organisations abstraites aux luttes obscures, Le vent se lève nous en explique la genèse et le fonctionnement, et avec beaucoup d'éléments en main, on peut alors saisir les enjeux et les absurdités de ce combat.
Les personnages sont très justes et la dignité de ces hommes et de ces femmes (très actives) leur donne une dimension tragique. Les paysages de toute beauté avec souvent cette brume épaisse, nous rapellent qu'on est si loin de tout... mais jamais assez loin de la barbarie. Merci Ken Loach et bravo.

La ballade irlandaise de Ken Loach - LeMonde
The wind that shakes the barley - Culturofil
Mourir pour des idées - Fluctuat.net

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5 Commentaires:

Blogger Kilucru dit...

Je ne l'ai pas vu! Je comptais éviter les oeuvres "guerrières"...entre guillemets comme on dit..ou écrit plutot...

Du coup j'ai vu Flandres, dans savoir à quoi m'attendre...le nom de la région qui a du m'influencer...Inutile de préciser que j'ai été servi..question war...
le monde ne serait il que plaies et bosses...
du coup je suis retourné voir "Je vais bien, ne t'en fais pas.." ..j'en parlerai plus tard...
Pour l'avenir, moi qui ne suis pas trop Depardieu...j'ai bien envie de succomber à Cécile De Frances..un peu de douceur enfin..
@+

lundi, 11 septembre, 2006

 
Blogger Lo dit...

Oui Kilucru, je te comprends, et en fait moi non plus je n'aime pas voir les films de combat, de mitrailles et de coups de feu à répétition, et j'ai longtemps hésité avant d'aller le voir. Et au final, j'ai retenu l'aspect humain bien plus que l'aspect "guerrier"...
Et à très vite pour "Je vais bien ne t'en fais pas"... ;-)

mercredi, 13 septembre, 2006

 
Anonymous JB, Rennes dit...

Un excellent film, que j'ai vu hier soir. Je ne suis plus tout à fait sûr si c'est ou non Ken Loach qui a réalisé "Bloody Sunday", mais les deux films on des choses en commun : la brutalité de l'occupation impérialiste britannique, la force de caractère de bien des personnages (tout particulièrement des femmes, qui partagent le combat de leurs homologues masculins sans en partager l'aveuglement dans la violence) et la naissance de la colère, parfaitement légitime, du peuple opprimé.
A travers ces deux films, nous revivons l'histoire sanglante, terrible, de la République d'Irlande, son combat pour une indépendance réelle, contre l'oppression et l'aveuglement pseudo-religieux. A ce sujet, il faut dire clairement que l'invocation du caractère protestant de la couronne britannique opposée à une Irlande catholique n'est souvent faite aujourd'hui que pour cacher la haine de l'Autre sous les apparences d'une démarcation théologique (qui était réelle à l'époque de l'émancipation du Royaume-Uni par rapport au Pape, et aussi dans ce qui s'est ensuivi aux 17ème et 18ème siècles).

Bravo à Ken Loach, son film nous permet de comprendre pourquoi aujourd'hui les tensions sont encore vives dans le nord de l'île, pourquoi le pardon n'est pas imaginable pour certains, etc.

Bref, je recommande chaudement ce film à toutes les âmes pas trop sensibles...

lundi, 18 septembre, 2006

 
Blogger Lo dit...

Salut JB !! Contente que tu l'aies vu, faut toujours suivre les conseils de sa grande soeur, tu vois !
En fait Bloody Sunday c'est de Paul Greengrass et non de Ken Loach.
Et beaucoup ont également comparé Le vent se lève à Land and Freedom que tu as aussi vu, au niveau de la scénographie et du thème aussi...

lundi, 18 septembre, 2006

 
Anonymous JB, Rennes dit...

Pardon pour ma faute d'orthographe : "les deux films ont des choses en commun"...

mardi, 19 septembre, 2006

 

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