Cinéma d'émotions - Heures d'évasion - Echanges inspirés - Zapping critiquable . Livres (peu) aimés et Oeuvres inoubliables !...

25 octobre 2006

L'ARRIERE SAISON

de Philippe Besson
Roman - 190 pages
Editions Juliard - août 2002
Editions Poche Pocket - septembre 2004

Un jour de septembre, chez Phillies', un bar de Cape Cod, Massachusetts, la soirée approche lentement. Accoudée au comptoir, Louise se fait servir par Ben son Martini habituel. Elle est assez pensive car elle attend fébrilement que son portable sonne. Norman doit lui annoncer quelquechose d'important, la décision de leur vie, à savoir s'il décide de quitter sa femme pour la rejoindre elle. Soudain un homme entre, un homme connu chez Phillies', bien connu de Louise. C'est Stephen, son amant d'autrefois, qui s'est marié depuis. Comment finira cette soirée ?
Extrait :
"C'est le regard de Ben qui attire l'attention de Louise, qui la tire de sa léthargie inquiète. Un regard où se reflète la surprise et peut-être un peu de frayeur. Un regard décontenancé, qui oscille entre la joie et la crainte. Le regard de celui qui contemple un revenant. Elle pivote alors sur son tabouret, pour se tourner vers la porte d'entrée du café. [...] elle aperçoit une silhouette découpée dans la lumière de la baie, un homme taillé dans le soleil. Lorsque ses yeux sont enfin capables de distinguer plus nettement, après s'être habitués à la lumière blanche, ils contemplent, en effet, un revenant. Stephen Townsend se tient là, dans l'embrasure de la porte, droit sur ses jambes. Il retire, d'un geste lent et un peu gauche, ses lunettes de soleil. Soudain il y a un silence à couper au couteau."
L'origine de ce roman, c'est un tableau de peinture. Une scène peinte par Edward Hooper, grand talent du réalisme américain du siècle dernier, qui a inspiré Philippe Besson jusqu'à imaginer la vie de ces 4 personnages, et les évènements qui précédèrent et suivirent cet instantané de vie. A la lecture, je suis souvent revenue à cette image, comme pour mettre des couleurs sur les mots, ou des mots sur des traits de pinceau. Et pour trouver comme dans un jeu à quel instant précis de l'histoire correspond la scène figée sur le tableau...
Apparemment, Philippe Besson n'a pas été le premier à s'inspirer de cette oeuvre pour en créer une autre. En effet, elle a également été à l'origine d'une pièce de théâtre mais aussi de posters, bandes dessinées, feuilletons télévisés...


--- Night hawks, Edward Hooper, 1940 ---

L'histoire, quant à elle, est attendue. On se doute assez vite de la manière dont l'auteur va conclure son roman à partir de l'instant où le passé des personnages se dévoile. Et pourtant, le roman se savoure avec plaisir, parce qu'on est pris comme les protagonistes par l'ambiance, la quiétude et la gestuelle de ce bar, on a envie de s'y attarder un peu plus, de glisser dans le crépuscule de ce bord de mer sans se précipiter...
Très joli défi remporté par Philippe Besson, un voyage humain et contemporain au coeur d'un tableau du siècle dernier. Une histoire somme toute universelle, mais contée avec tant de délicatesse...

L'avis d'Alix - Critiques ordinaires
L'avis de Nounouchette - Le temple des Arts
L'avis d'Hervé - Bons livres bons amis

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8 Commentaires:

Anonymous Anonyme dit...

J'en ai lu plusieurs de lui mais pas encore celui-là. Je suis une inconditionnelle de PB

mercredi, 25 octobre, 2006

 
Anonymous amandine dit...

C'était amandine. j'ai vraiment des problèmes pour poster sur certains blogs

mercredi, 25 octobre, 2006

 
Blogger Lo dit...

Pas grave... Merci de la visite Amandine !

mercredi, 25 octobre, 2006

 
Anonymous Anne dit...

J'ai aussi beaucoup aimé ce roman même si comme tu l'as dit l'histoire n'est guère originale.Je suis de toute façon comme Amandine une inconditionnelle de P.Besson.

jeudi, 26 octobre, 2006

 
Anonymous hervé dit...

J'avais aussi beaucoup aimé ce roman notamment comme tu le dis pour l'ambiance que Philippe Besson arrive à créer

vendredi, 27 octobre, 2006

 
Anonymous clarinette dit...

J'adore Hoppere et j'adore ce tableau. Rien que pour ça j'aurais envie de lire ce livre.

vendredi, 27 octobre, 2006

 
Blogger Kilucru dit...

Moi..c'est le tableau qui me parle!!Oui,oui..j'ai souvent de longues conversations avec les choses..me comprennent elles mieux que certains martiens de mes congénères?
Bon sérieux ce tableau me fait songer au décor du film " combien tu m'aimes?" de Blier, un bar sur un coin..les couleurs différents et les moeurs aussi..puisque le film s'ouvre sur le quartier de Pigalle...mais là aussi on a un décor assez stylisé..comme sur cette gravure..
Voilou !

dimanche, 29 octobre, 2006

 
Blogger Lo dit...

Je t'encourage à admirer les toiles d'Edward Hooper, voire d'entamer une petite discussion avec elles !!....

jeudi, 09 novembre, 2006

 

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