LA RAISON DU PLUS FAIBLE
de Lucas BelvauxDrame - Sortie 19 juillet 2006
avec Patrick Descamps, Claude Semal, Eric Caravaca, Natacha Régnier, Lucas Belvaux, Gilbert Melki...
Festival Télérama
Cité ouvrière, Liège, Belgique. Jeune diplômé au chômage, Patrick soigne le potager familial et s'occupe de Steve, son fils, tandis que Carole s'épuise à l'usine sans pouvoir s'offrir la nécessaire mobylette. Moins jeune, Robert ne travaille pas, il aide Jean-Pierre chaque jour à rejoindre, dans sa chaise roulante, le bar du coin où rires, cartes et souvenirs ponctuent les journées. Parfois, Patrick les rejoint. Et depuis peu, Marc aussi, embauché chez Jupiler, à l'embouteillage, depuis sa sortie de prison. A son contact, l'idée alléchante d'un braquage bien organisé voit le jour. Un rêve si grand qu'il aveugle la raison des plus fiers.
Dès le début du film, Lucas Belvaux ne se cache pas pour rendre un hommage appuyé à l'"aristocratie de la classe ouvrière", à ces hommes qui ont trimé pour la gloire de la sidérurgie, brûlé dans la fournaise, souffert pour l'acier, laissé jambe ou bras pour l'industrie. Qui sont morts parfois.
Puis vient le naturel - le talent ! - des acteurs qui crève les plans serrés dont le film foisonne. On est près d'eux, là, juste à côté, à suivre l'énergie et la sincérité qui jamais ne les quittent. Comment des hommes désespérés se raccrochent-ils au dernier espoir (vain) par nécessité mais surtout pour tout le rêve qu'il leur procure ? Ce braquage qu'il planifient déjà est un CDD collectif choisi, une mission stimulante, qui les regroupe, réclame organisation, gestion des approvisionnements, assurance de sécurité, planning millimétré...
J'ai adoré le dénouement, sublime et tragique, comme une pièce antique (tout au long du film, Lucas Belvaux m'a fait penser à un comédien de théâtre, dans sa manière de dire le texte et de jouer la tragédie). Et même si son rôle de gangster romantique peut en rappeler d'autres, les longues minutes finales m'ont vraiment plu. Très bon film, moins noir que Sauf le respect que je vous dois.
J'ai adoré le dénouement, sublime et tragique, comme une pièce antique (tout au long du film, Lucas Belvaux m'a fait penser à un comédien de théâtre, dans sa manière de dire le texte et de jouer la tragédie). Et même si son rôle de gangster romantique peut en rappeler d'autres, les longues minutes finales m'ont vraiment plu. Très bon film, moins noir que Sauf le respect que je vous dois.
Ne plus rêver ? Plutôt crever - Libération
L'avis de Kilucru - Les Irréductibles
Entretiens avec Lucas Belvaux - Cinémotions
Libellés : Belvaux Lucas, Cinéma français, Film


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