J'ETAIS DERRIERE TOI
de Nicolas FarguesRoman - 216 pages
Editions P.O.L. - Mars 2006
Un homme dîne au restaurant, à Romanze, en Italie. Il dispose de quelques jours avant de rentrer à des milliers de kilomètres de là, à Madagascar, où il travaille et vit avec sa femme et ses enfants. Sa femme Alexandrine l'africaine... Avec Alex, c'est la rupture et la souffrance. Depuis qu'il a failli succomber aux charmes d'une chanteuse, Alex humiliée s'est lancée dans la bataille conjugale en le trompant avec un homme Moba, fort et musclé. L'heure des décisions et du courage a sonné.
C'est alors que le serveur se dirige vers lui et lui remet un carton sur lequel une jeune femme a griffoné ceci : "Ero dietro di te. - Alice" accompagné d'un numéro de téléphone.
C'était pour moi impossible de ne pas penser au début de la lecture de ce roman aux récits personnels des ruptures amoureuses de Christine Angot (Pourquoi le Brésil ?) ou Justine Lévy (Rien de grave) mais version masculine ici. Un langage très parlé, le lecteur pris à parti, des questions lui sont posées comme à un ami à qui l'on se confierait en attendant aussi conseils et réconfort.
En entamant ce roman, j'ai craint de lire une nouvelle fois un récit intimiste d'une histoire banale avec un style "moderne" qui tenterait de faire oublier la fadeur de l'histoire, un adultère, une passion dévorante avec une jeune inconnue et l'imminence d'un divorce. Mais au cours de ce long monologue ininterrompu par aucun chapitre, la structure du récit se perçoit, la progression se livre finement, et les choses ne sont pas si simples. Les coupables deviennent victimes, les certitudes laissent place au doute. La psychologie des personnages se dévoile et le narrateur apparaît comme un être déchiré, idéaliste, ne voulant voir se terminer des années de vie conjugale pour laquelle il a fourni tant d'efforts face à une femme humiliante et tyrannique.
Un roman qui lie étroitement culpabilité et désamour, jalousie et humiliation, divorce et retenue.
Sans oublier une très belle "bande originale du livre" à laquelle je ne suis pas insensible : Argila de Carlinhos Brown, O amor e feio de Tribalistas, Ambar de Maria Bethânia... Des pépites.
Un roman qui lie étroitement culpabilité et désamour, jalousie et humiliation, divorce et retenue.
Sans oublier une très belle "bande originale du livre" à laquelle je ne suis pas insensible : Argila de Carlinhos Brown, O amor e feio de Tribalistas, Ambar de Maria Bethânia... Des pépites.
Extraits du livre - Lire
Les confessions amoureuses d'un trentenaire à vif - Buzz littéraire
L'avis de Lily - Lily et ses livres
Libellés : Fargues Nicolas, Littérature francophone, Livres

7 Commentaires:
Ca fait un moment que ce livre fait partie de mes projets de lectures. J'ai déjà lu "Rade Terminus", il y a quelques temps. On y trouve déjà le style "très parlé" dont tu parles...
lundi, 05 février, 2007
Merci Lo ! je partage tout à fait ton avis... et j'attends son prochain livre....
lundi, 05 février, 2007
Tiens, tiens... Où est-il écrit dans le roman que le personnage va rentrer à Madagascar?
mardi, 06 février, 2007
J'avais vraiment pas du tout aimé le"One man show" de ce Monsieur, mais tu te référes au roman de J.Levy qui, par contre,m'a beaucoup plu...Cruel dilemme: je note ou pas????
mardi, 06 février, 2007
@ Clarinette : Merci de ton commentaire ! J'ai hâte de connaître ton avis sur celui-ci.
@ Lily : De rien ! Il sort un nouveau livre bientôt ?
@ Pierre Maury : Malheureusement je n'ai pas le livre sous la main. Sauf erreur, quand le narrateur se trouve dans ce restaurant italien, c'est pendant son court séjour européen qui lui permet de revoir sa famille, son père notamment. Et de faire le point sur sa relation affective. Mais il continue de travailler et de résider à Madagascar (comme l'écrivain Nicolas Fargues lui-même), à Tanambo, et il est sous-entendu qu'il y retournera, quelle que soit l'issue de la soirée et du séjour à Romanze.
Cependant je peux me tromper et si vous ou quelqu'un d'autre a lu autre chose, je suis toute ouïe !....
@ Anne : Dilemne pour moi aussi, haute responsabilité ! J'ai préféré "Rien de grave" de Justine Lévy, son écriture était plus percutante. Mais c'est différent, et personnellement, sans le considérer comme mon coup de coeur de l'année, je suis contente de l'avoir lu, une lecture pleine de sensibilité.
[Notera ? Notera pas ? ;-)]
mardi, 06 février, 2007
Je l'ai vu en biblio et jusqu'ici je n'avais lu que des critiques acerbes, alors j'hésitais à l'emprunter, mais je suis prête à faire ma propre opinion...
mardi, 13 février, 2007
Rien ne vaut sa propre opinion en effet, et puis tu seras libre de le refermer précocément si t'es ennuyée... Le hic c'est que j'ai trouvé que le fil de l'histoire devenait plus intéressant au fil des pages...
mardi, 13 février, 2007
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