Cinéma d'émotions - Heures d'évasion - Echanges inspirés - Zapping critiquable . Livres (peu) aimés et Oeuvres inoubliables !...

26 février 2007

PUISQUE RIEN NE DURE

de Laurence Tardieu
Roman - 128 pages
Editions Stock - août 2006

Quand Vincent, 56 ans, reçoit ces mots, écrits de la main mal assurée de Geneviève, la femme qu'il n'a pas vue depuis une quinzaine d'années, il mesure la gravité de ce cri, cet ultime appel. Elle va mourir bientôt. Elle le veut auprès d'elle. Sans attendre, Vincent quitte sa compagne du moment et se lance sur l'autoroute pour la rejoindre, même si cela lui est douloureux et ravive le souvenir de Clara, leur fille, disparue il y a si longtemps. Si longtemps... mais le deuil n'est pas fait, alors qu'un autre s'annonce...
La recette est sûre : le récit démarre avec la lettre-choc que Vincent lit, le poussant à rejoindre Geneviève. Leur histoire passée se dévoile peu à peu au fil des pensées de Vincent puis du journal de Geneviève d'il y a quinze ans, contant les semaines douloureuses qui suivirent la disparition non élucidée de leur fillette. Alors forcément, on mord, on attend leurs retrouvailles tragiques et précipitées, en troisième partie du roman.
Extrait :
"Je prononce la phrase doucement, comme un enfant répétant les mots d'un autre : Geneviève est en train de mourir. Mais ça ne veut rien dire. Ca n'a aucun sens.
Es-tu seule ? Es-tu seule ou y a-t-il un homme à tes côtés, qui patiemment éponge ton front, te tient la main, te propose à boire, un homme ou peut-être un enfant, en quinze ans on a le temps de faire un enfant, même deux, même trois, on a le temps de mettre au monde et de donner et de voir grandir. Pourquoi as-tu besoin de me revoir ?"
Pour ce roman intime et lourd, Laurence Tardieu a mis des mots sur la douleur du deuil, la solitude qui ronge autant que l'espoir. Peu importent les causes, les maladies, les explications aux disparitions, l'auteur s'intéresse avant tout à la manière dont on vit avec l'absence, qu'elle soit soudaine, prévue ou inexpliquée. Et comment la disparition d'un enfant peut détruire un couple, avant de le reformer peut-être... [à Geneviève, ma mère]

C'est Amandine qui m'a donné envie de le lire. Merci !
L'avis de Papillon - Journal d'une lectrice
L'avis de XX - Hémisphair

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16 Commentaires:

Anonymous Anne dit...

Je l'ai lu la semaine dernière!Et comme toi, l'histoire m'a complétement happée...

lundi, 26 février, 2007

 
Anonymous florinette dit...

Ahlala oui, celui-ci il faut que je le lise !!! ;-)

lundi, 26 février, 2007

 
Anonymous Camille dit...

J'ai aussi très envie de le lire...

jeudi, 01 mars, 2007

 
Blogger Ségolène dit...

Bonjour Lorraine, qu'est-ce que j'aime bien lire tes commentaires, ça me donne envie de lire tous ces livres, et celui là particulièrement ! J'ai encore à la maison une petite fiche en carton vert (ah, le vert...) que t'avais bricolée avec une image et les commentaires sur un film que tu m'avais emmené voir. Mais faudrait que je la regarde à nouveau, j'ai oublié quel était le film.

jeudi, 01 mars, 2007

 
Blogger Lo dit...

@ Anne : oui, ton article reflétait bien tes impressions très enthousiastes !

@ Florinette et Camille : J'espère que vous le lirez et qu'il ne vous décevra pas !

@ Ségo : Aaah... ma Ségo, je crois qu'on se fait vieilles, je ne m'en souviens plus du tout non plus ! ;-) Ca me fait très plaisir ce que tu me dis, merci ! Je t'envoie un mail.... Bises

jeudi, 01 mars, 2007

 
Anonymous amandine dit...

Dis-moi t'a-t-il plus ou pas car dans ta critique tu ne le dis pas vraiment ou je me trompe ?

jeudi, 01 mars, 2007

 
Blogger Lo dit...

T'as raison Amandine, je ne le dis peut-être pas clairement, car j'ai connu lecture plus enthousiasmante et jubilatoire.
Ici, je reconnais volontiers que Laurence Tardieu a écrit avec des mots très justes un récit touchant, mais pas original au niveau littéraire, pas un style particulièrement différent ni une construction intéressante... et des fois j'ai envie d'être surprise sur ce plan....
Mais le thème est traité très habilement.

jeudi, 01 mars, 2007

 
Anonymous clochette dit...

J'ai beaucoup aimé ce livre, j'avais peur vu le sujet qu'il soit mièvre mais Laurence Tardieu a su éviter cet écueil.

mardi, 06 mars, 2007

 
Blogger Lo dit...

Que d'avis de lectrices conquises ! Merci à toi Clochette !

mercredi, 07 mars, 2007

 
Anonymous amandine dit...

Je suis désolée puisque c'est moi qui t'avais donné envie de le lire.
Mais je remarque que c'est fou la façon différente dont chacun aborde un livre. Pour moi par exemple, Laurence Tardieu me fascine et le livre m'a enchantée, non au point de vue littéraire mais son style (ses mots) me happe carrément et me met dans un état tel que je mets des jours à me défaire de ses livres.

vendredi, 09 mars, 2007

 
Blogger Lo dit...

Surtout pas !!! Ne sois pas désolée Amandine ! Je ne regrette pas de l'avoir lu, loin de là, et je t'en remercie encore pour m'y avoir incitée !! ;-)

samedi, 10 mars, 2007

 
Anonymous BMR & MAM dit...

A l'image de sa couverture très sombre, un bouquin dont chaque chapitre vibre de douleur et de désespoir.
Heureusement il n'y a qu'à peine plus de 100 pages et c'est bien assez comme ça : on est content de refermer cette douloureuse histoire, en se disant bien vite ouf, ce n'est qu'un roman, la vraie vie ne peut pas être aussi terrible que ça, etc.
Mais le hic c'est que c'est très très bien écrit et que l'on se croit donc obligé d'en parler à d'autres qui vont, à leur tour, découvrir ces sombres pages et l'histoire d'un couple détruit, brisé par la perte incommensurable de l'enfant.
Bien plus que leur couple, c'est chacun d'eux, elle et lui qui sont ainsi détruits et brisés (le roman est à deux voix).
Tout cela sur un ton très juste, sans mélo ni trémolos (il n'est que très peu question de la fillette perdue) et c'est là toute la force de l'écriture de Laurence Tardieu que de nous faire partager la douleur indicible de ses deux personnages.
Le roman débute lorsque Vincent (lui) apprend la mort imminente de Geneviève (elle), quinze ans après la disparition de leur petite fille et leur séparation qui s'en suivit.
[...] Nous allons nous faire du mal Geneviève. Pourquoi nous faire du mal si bientôt tu n'es plus là, pourquoi remuer la souffrance en nous ? Ne vaudrait-il pas mieux laisser tout cela reposer en paix ? Il me semble que lorsqu'on sent la nuit venir, on aspire à l'ordre et non au désordre. Le temps n'est plus à la quête.
Leurs retrouvailles (trop) tardives vont faire ressurgir le terrible passé ...
[...] Certains êtres, à mesure que le temps passe, deviennent de plus en plus libres : ils se redressent au lieu de s'affaisser. Il émane d'eux une énergie étonnante. Ils sont lumière pour qui les rencontre. J'aimerais savoir ce qu'ils ont fait des ombres de leur passé. De leurs regrets, de leurs déchirures. Comment ils s'en sont arrangés.

Geneviève (elle) tient un journal et il y est donc également question de la fonction salutaire de l'écriture :
[...] Je ne savais pas que les mots peuvent sauver. Aujourd'hui je le sais : ils maintiennent le lien à soi. Ils permettent de ne pas s'égarer dans la nuit profonde de la folie. [...] Ecrire ce soir m'a permis de finir la journée dignement : sans tomber, sans céder à la tentation d'en finir. Cete fois encore, l'écriture m'a sauvée. [...] Si je m'arrêtais d'écrire je crois que je mourrais. Seuls les mots me maintiennent en vie.


A enchaîner rapidement avec quelque chose comme Le lièvre de vatanen pour retrouver goût à la vie !

jeudi, 15 mars, 2007

 
Blogger Lo dit...

Juste une remarque : si si, la vraie vie peut être si terrible que ça... malheureusement !
Vous aimez beaucoup les extraits "bmr-&-mam" !

jeudi, 15 mars, 2007

 
Anonymous BMR & MAM dit...

Oui les extraits bien sûr.
C'est aussi une manière différente de lire (on coche les passages éligibles).
C'est aussi une façon de faire partager, de donner envie, d'accrocher, ...
C'est enfin une façon de "se rappeler", de retrouver plus tard, ...

vendredi, 16 mars, 2007

 
Blogger sylvie dit...

je viens de le lire. C'est un livre très fort sur la perte, en abîme : perte d'un enfant, perte d'un amour, perte de la vie. Dans ce tourbillon vers la mort, ultime séparation, des êtres se renouent, l'essentiel est vécu.

lundi, 25 juin, 2007

 
Blogger Lo dit...

Tu as une belle vision de ce roman. Merci Sylvie.

lundi, 25 juin, 2007

 

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