Cinéma d'émotions - Heures d'évasion - Echanges inspirés - Zapping critiquable . Livres (peu) aimés et Oeuvres inoubliables !...

05 mars 2007

MEMOIRES DE PORC-EPIC

d'Alain Mabanckou
Roman - 230 pages
Editions du Seuil - Août 2006
Prix Renaudot 2006

Il était une fois un porc-épic de 42 ans, malicieux, curieux et espiègle. Il est devenu le "double nuisible" de Kibandi, son alter-ego humain. Or voilà : Kibandi vient de mourir alors que Porc-Epic lui, reste en vie. Voici donc ses mémoires, son vécu, loin de l'existence paisible de la communauté de ses congénères à laquelle il a préféré se mettre au service des Hommes, d'un homme en particulier, "pas pour le meilleur, mais pour le pire".
Notre Porc-Epic lettré devient donc serial killer chevronné, et tue ceux qui offensent son maître. Mais ce dernier use et abuse des pouvoirs maléfiques de son double, jusqu'aux représailles...
Ce petit roman procure des instants de lecture jubilatoire. Au premier abord très critique, assez prétentieux, voire dédaigneux vis-à-vis de l'espèce humaine, Porc-Epic m'est au fur et à mesure apparu comme un petit animal très attachant, et pas si sauvage que ça... Il est très bavard et se confie longuement au Baobab.
Extrait :
"oh tu n'as à coup sûr jamais vu un roman, personne n'est venu peut-être en lire un à ton pied, tu n'auras rien perdu, mon cher Baobab, mais pour simplifier les choses et ne pas te polluer l'esprit, je dirai que les romans sont des livres que les hommes écrivent dans le but de raconter des choses qui ne sont pas vraies, ils prétendent que ça vient de leur imagination, il y en a parmi ces romanciers qui vendraient leur mère ou leur père pour me voler mon destin de porc-épic, ils s'en inspireraient, écriraient une histoire dans laquelle je n'aurais pas toujours le meilleur rôle et passerais pour un animal aux mauvaises moeurs, je t'assure que les êtres humains s'ennuient tellement qu'il leur faut ces romans pour s'inventer d'autres vies, et dans ces livres, mon cher Baobab, en s'y plongeant, on peut parcourir le monde entier, quitter la brousse en un clin d'oeil,"
Mais au final, même s'il détient les pouvoirs, il est à la solde de son maître qui n'a que peu de considérations pour lui, outre le fait qu'il lui permet d'arriver à ses fins en tuant ceux dont le comportement a blessé son orgueil. Alors on regarde ce petit animal d'un autre oeil, on aimerait voir ses honneurs rendus...
Reprenant le style ininterrompu de son précédent roman, Verre Cassé, Alain Mabanckou mêle croyances animistes et critique de l'espèce humaine, à travers le regard original d'un porc-épic étonnant. Un petit livre sympathique à lire avec humour.

L'avis d'Anne-Sophie, déçue
- La Lettrine
L'avis de Bernard, qui cherche la morale - Le blog des livres

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6 Commentaires:

Anonymous Anne-Sophie dit...

Je commence à me poser de sérieuses questions... Je n'ai vraiment pas été sensible à l'humour de ce roman. Bien sûr, comme je viens de le préciser, c'est une question de sensibilité...

mercredi, 07 mars, 2007

 
Blogger Lo dit...

Ce petit Porc-Epic avec sa lucidité amusante, ses états d'âmes, sa condition de porc-épic, moi ça m'a fait sourire... Mais évidemment, chacun réagit différemment, et heureusement. ;-)
T'as pas besoin de te poser de "sérieuses questions" comme tu dis, c'est une question d'émotions... Moi, par contre, j'avais pas été très touchée par un certain "hérisson élégant".... Question de piquants ? ;-)

mercredi, 07 mars, 2007

 
Anonymous Lou dit...

J'ai trouvé ce livre à la fois drôle et touchant, j'ai vraiment beaucoup aimé ! Le hérisson est finalement un horrible psychopathe et pourtant je ne peux pas m'empêcher de le trouver vraiment sympathique !

dimanche, 18 mars, 2007

 
Blogger Lo dit...

J'ai l'impression que ce sont les Hommes avec leur comportement égoïste et dédaigneux qui l'ont rendu aussi "psychopathe" comme tu dis. Mais quand il s'écoute, ce porc-épic est plutôt attachant et sympathique, c'est vrai !

mardi, 20 mars, 2007

 
Blogger GANGOUEUS dit...

Je trouve très intéressant ton commentaire. Quand je lis les commentaires sur l'ouvrage sur différents blogs, je me rends compte que les aspects "animistes" ne sont pas perçus. Mais l'auteur y est pour quelque chose quand sur les médias il fait référence à Lafontaine. Pourtant réduire ce roman à un simple conte animalier est à mon sens une erreur.
Bon sang, c'est une réelle histoire de sorcellerie comme on en raconte en Afrique centrale.
Toute l'intelligence de A. Mabanckou est de l'avoir ouverte à un public large. J'ai beaucoup aimé la scène relative à l'ordalie concernant Kibandi père.

@+

dimanche, 12 août, 2007

 
Blogger Lo dit...

"comme on en raconte en Afrique", et pas seulement en Afrique Centrale !
Merci pour vos commentaires et au plaisir d'échanger sur la littérature africaine.

mardi, 14 août, 2007

 

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