IT'S A FREE WORLD
de Ken LoachDrame britannique - 1h33
Sortie France 02 janvier 2008
avec Kierston Wareing, Juliet Ellis, Leslaw Zurek...
Angie est hébergée chez Rose tandis que son fils Jamie est chez son grand-père. Angie travaille dans une entreprise de recrutement et se déplace souvent en Europe de l'Est pour des embauches d'ouvriers qualifiés. Mais à 31 ans, elle est lasse de sa condition d'endettée laborieuse, de cet univers rude et macho dans lequel elle évolue. Renvoyée pour mauvaise conduite en public, c'est l'occasion pour elle de tenter l'impensable : monter avec l'aide de son amie Rose sa propre entreprise d'intérim. Bien sûr au début, ce sera le système D et une activité sans autorisation officielle, juste le temps de démarrer... Tout se met en route et chaque matin, ce sont des dizaines de chômeurs, immigrés pour la plupart, qui se voient attribuer un mini contrat d'un jour ou de quelques heures... Les choses ne vont pas tarder à tourner plus mal que prévu, quand Angie s'attirera des ennuis qui mettront en danger la vie de son jeune fils.
It's a free world est un film virulent, engagé comme sait les faire Ken Loach, palme d'Or à Cannes en 2006. Il dépeint avec force le monde contemporain du "marché" du travail, où le travail est un produit qui se demande et qui s'offre. A travers Angie, personnage principal qui crève l'écran, c'est une femme combattante avec laquelle on pourrait être en empathie. Mais voilà, cette Angie n'est pas un ange parfait, sa personnalité est complexe, tantôt elle fait preuve de courage et de générosité en hébergeant une famille de sans-papiers iraniens, tantôt sa hâte de réussir et l'appât du gain se fait plus sentir et elle en perd ses principes, se mettant à ressembler à ceux-là mêmes qui l'exploitèrent auparavant.
It's a free world réserve des moments de tendresse, de grande émotion, aussi bien que de violentes dénonciations sociales. L'univers des travailleurs clandestins, vivant dans des campings en craignant l'expulsion, travaillant (ou non) au jour le jour, est rarement dépeint avec autant de réalisme. Et puis, la dernière partie du film est digne d'un polar, très noire et angoissante.
Le monde libre est immoral, comme ce film, peut-être autant que le libéralisme qui souvent flirte avec l'égoïsme.
Libellés : Angleterre, Cinéma européen, Film


8 Commentaires:
Voce é muito bonita. Parece uma poesia encarnada na alma...
Un bacio. Um beijo. a Kiss.
jeudi, 17 janvier, 2008
Une belle leçon de morale engagée.
"LE" film de ce début d'année 2008.
http://bmr-mam.over-blog.com/article-15418546.html
vendredi, 18 janvier, 2008
Moi je trouvais justement que Ken Loach n'avait pas voulu laisser transparaître de morale. Juste de constater où la mondialisation économique peut nous amener, que nous soyons bien ou mal intentionnés...
dimanche, 20 janvier, 2008
Un reflet de la réalité criant de vérité : comment ancien exploité voulant s'en sortir par soi-même ne pas devenir exploiteur en s'enrichissant sur le dos d'autrui.
dimanche, 20 janvier, 2008
Oui, c'est dur. Si y'a vraiment pas d'autre moyen de s'en sortir...
dimanche, 20 janvier, 2008
Y a pas d'autres moyens de s'en sortir et Ken Loach s'en rend bien compte. Depuis toujours, il réalise des films dénonçant un futur qui a aujourd'hui rattrapé l'Angleterre. Je crois qu'il est las de voir comment la société évolue.
jeudi, 24 janvier, 2008
Tu as sûrement raison. Il n'est pas las de faire des films, et ça c'est quand même bien.
samedi, 26 janvier, 2008
C'est en effet un film noir et la fin est profondément pessimiste puisqu'il n'y pas de raison qu'Angie arrête. Elle devient une caricature de ce monde libre et cela fait vraiment peur. Brillante interprétation de l'actrice principale.
mardi, 12 février, 2008
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