LA JOCONDE NOIRE
d'Elvire MaurouardRoman - 160 pages
Editions du Cygne - Avril 2008
En Haïti, à Jérémie, la jeune Jeanne Darfour grandit sous l’aile tyrannique de sa tante. Condamnée à être servante, elle est bientôt contrainte de travailler au service de Legrand Pisquette et devient victime d’une machination organisée par sa tante et son maître, cet homme peu scrupuleux, et très attiré par les jeunes demoiselles.
La Joconde noire est le premier roman de l’haïtienne Elvire Maurouard, livre empreint d’un érotisme quasi permanent, autour de la figure d’une femme humiliée qui trouve la force de se venger. Insistons sur l'aspect érotique qui représente bien plus que des "accents érotiques" comme nous le présente l'éditeur, car c'est une tendance lourde, un fil conducteur ! Et c'est peut-être dommage car cette présence joue au détriment de l'histoire dont la prétention est très symbolique : celle d'une femme noire qui s'affranchit de l'exploitation de sa personne par un négrier. D'ailleurs assez facilement : du jour au lendemain, la jeune fille naïve et obéissante se révèle une redoutable stratège sadique. Jusqu'à vouloir le mal de son amie... ce que j'ai eu quelques difficultés à admettre.
Extrait :"Au-dessus de la chambre de Clémentine, existait une sorte de soupente bien close, où l'ancien propriétaire avait installé, dans un but facile à comprendre, un voyant grossissant qui traversait le plancher et permettait de voir tout ce qui se passait dans la chambre du dessous. C'est de cet observatoire que Legrand Pisquette connaissait, qu'il pouvait suivre la scène d'un oeil injecté de sang. jamais il n'avait autant désiré cette fille maintenant. Comment diable pouvait-elle attiser le désir pareillement. L'amour, pour lui, était inséparable de la souffrance. Un plaisir amer, douloureux l'envahissait."
Alors, en faisant abstraction des fréquentes erreurs de ponctuation et en se plongeant dans le destin de cette héroïne, on peut apprécier ce roman. L'auteure des Beautés noires de Baudelaire ne cache pas le clin d'oeil à Jeanne Duval, la muse mulâtresse du poète.
Mais je reste plus sensible à certains poèmes (comme Puisque je suis Noire et que tu es victoire) du recueil Jusqu'au bout du vertige. [merci Elvire!]
Libellés : Afrique, Littérature francophone, Livres
1 Commentaires:
La joconde noire exlore les thèmes de la vengeance,de la féminité et du féminisme avec en toile de fond les inégalités éconimiques.
L'oeuvre est dense, bien rythmée et le plaisir de la lecture est prolongée par la construction psychologique des personnages.
Enfin c'est une vision d'Haiti qui s'éloigne des clichés habituels et nous offre un bien beau voyage litteraire.
mardi, 18 novembre, 2008
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