Cinéma d'émotions - Heures d'évasion - Echanges inspirés - Zapping critiquable . Livres (peu) aimés et Oeuvres inoubliables !...

04 décembre 2008

LE PAYS SANS ADULTES

d'Ondine Khayat
Roman - 335 pages
Editions Anne Carrière - novembre 2008

Slimane, 11 ans, aime plus que tout au monde son grand-frère Maxence, 13 ans, qui lui apprend tant de choses et sait le rassurer. Et il en a besoin d'être rassuré, lorsque, à la maison, son Démon de père comble son oisiveté par une violence à leur égard. Les rares moments de paix vécus avec leur mère n'effacent pas la terreur qui ronge leurs coeurs et mutile leur mère. Elle n'aura pas la force de sauver son foyer. Rêvant de rejoindre un pays sans adultes, Maxence quittera cette vie qu'il ne veut plus souffrir...
Ames fragiles s'abstenir ! Ce roman est bouleversant, un truc incroyable qui vous absorbe et vous impressionne de bout en bout. Sceptique au premier abord sur la forme de cette histoire contée par l'un des enfants, Slimane, dont le vocabulaire ne me laissait pas facilement cerner son âge, je me suis rapidement rendue à l'évidence : l'écriture d'Ondine Khayat, avec tout son humour naïvement enfantine, sa sensibilité, a produit là une histoire impressionnante en suivant une trame loin d'être simpliste. Bien au contraire, le roman est dense, et les yeux de Slimane analysent un grand nombre de situations dans une progression effarante.
Extrait :
"Moi, si j'étais au pouvoir, aucun mari n'aurait le droit de battre sa femme. Et aucune femme ne pourrait rouspéter bêtement après son mari. D'ailleurs, si j'étais au pouvoir, le mariage, ça n'existerait plus. Les mamans et les papas ne vivraient pas ensemble, ou alors seulement après avoir passé des tests. Un genre de permis de vivre ensemble. Un permis à points, comme pour les automobiles. Si vous perdez trop de points, c'est fini, vous ne pouvez plus vivre ensemble."
Violence familiale, alcoolisme, accalmie lors du retour à l'emploi, rechute, terreur et mutisme des enfants, aliénation et vains espoirs de la mère, éclatement de la bulle familiale après le suicide, hospitalisation psychiatrique du frère... Le pire arrive et succède au mauvais. Heureusement, ces enfants ont les ressources pour conserver leurs rêves et leurs idéaux.
Avec tendresse et dérision salvatrice, l'auteure s'offre même le plaisir d'aborder les trois phylosophies monothéistes... Et plein d'autres choses...
Un roman qui porte un message précieux. A lire évidemment.
[mille mercis à Suzanne de Chez Les Filles]

J'ai été vraiment émue, comme Cathulu, BlueGrey, Restling, Lili Galipette... et sûrement d'autres !

Libellés : ,

2 Commentaires:

Anonymous Léthée dit...

Oui, moi aussi j'ai vraiment adoré ce livre qui ne payait pas de mine !

mercredi, 07 janvier, 2009

 
Blogger Lo dit...

Tout comme toi, une très belle surprise ! On craint un peu le pire et puis on réalise qu'il en ressort le meilleur !

dimanche, 11 janvier, 2009

 

Enregistrer un commentaire

Un avis à partager ? Une suggestion à échanger ? Et vous, qu'en dites-vous ?

Links to this post:

Créer un lien

<< Home