UN FUSIL DANS LA MAIN, UN POEME DANS LA POCHE
d'Emmanuel DongalaRoman - 395 pages
Editions Le Serpent à Plumes - 2003
Le héros de l'histoire est Mayéla, mais avant d'être un héros de l'Histoire d'un pays d'Afrique centrale, c'est un guérillero ambitieux et idéaliste. Révolutionnaire, il prendra partie lors de la lutte de son pays pour l'Indépendance. C'est un penseur qui, au delà de la théorie, se donne corps et âme dans la cause de la libération anti-colonialiste. Il atteindra son but en devenant président d'une jeune nation libre, mais les évènements le rattraperont, et l'ascension vertigineuse du libérateur prometteur laissera la place à une chute tragique.
Emmanuel Dongala a des qualités d'écriture qui se remarquent dès ce premier roman, c'est certain, mais ce livre n'est pas parvenu à me captiver, à me convaincre, à me faire passer des moments inoubliables. Lu jusqu'au bout tout de même, plusieurs aspects l'ont desservi :
- trop de personnages qui apparaissent, disparaissent alors qu'on commençait à peine à les identifier ;
- des flash-backs, retours dans le récit passé, peu fluides, trop brutaux, mal gérés je pense. Le lecteur peine à suivre. L'auteur avait sans doute une bonne raison pour bâtir ainsi ses chapitres, mais je n'en ai pas vu l'intérêt ;
- trop long comme roman finalement, trop ambitieux en voulant balayer l'histoire tout en bâtissant un roman crédible et palpitant.
Extrait :"Mais Pontardier, pris dans son envolée, continuait :
- Vous comprenez, n'est-ce pas, mon cher Mayéla, pourquoi on dit que l'Afrique est mal partie.
Alors Mayéla ne sut plus se contenir.
- Ecoutez, monsieur l'expert, j'en ai assez d'entendre que l'Afrique est mal partie, surtout de votre bouche, vous qui n'avez aucun droit moral à nous donner des leçons. A l'"indépendance", vous vous êtes arrangés pour balkaniser l'Afrique et pour créer des structures facilitant votre mainmise sur les nouveaux Etats où vous avez placés de nouveaux rois nègres à votre service, après avoir éliminé les vrais nationalistes. Et pour camoufler tout cela, vous nous jetez aux yeux la poudre de l'"aide et de la coopération". Et vous faites semblant de vous indigner quand vous savez bien que ce que vous appelez de l'argent gaspillé retourne chez vous, bénéfices en plus ! Vous poussez la malhonnêteté jusqu'à dire à vos concitoyens que si rien ne va plus chez vous dans le domaine social, c'est parce que tout l'argent s'envole en Afrique, où la France est en train de construire un système de tout-à-l'égoût dans tous les petits villages !"
Métaphore des indépendances africaines, des troubles des périodes post-colonisation, et des désillusions, Un fusil dans la main, un poème dans la poche nous plonge, certes dans un pays fictif, mais qui montre sans hésitations de grandes similitudes avec le Zaïre.
[merci Papa !]
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Un avis - Ballades et escales en littérature africaine.
Analyse du roman - François Salien
Libellés : Afrique, Littérature étrangère, Livres
5 Commentaires:
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
mercredi, 29 juillet, 2009
Du même auteur, j'ai lu Les Petits Garçons naissent aussi dans les étoiles, qui est savoureux d'humour tout en étant une critique sévère de l'appareil politique africain.
Et contrairement au roman que tu viens de lire, il se lit très facilement.
Je te le conseille, si tu ne veux pas rester sur une mauvaise impression.
mercredi, 29 juillet, 2009
Je pense que je suivrai ton conseil. Celui ci n'était pas dénué d'intérêt, mais peut-être moins facile à apprécier si la concentration n'est pas à son maximum...
Merci pour ton mot !
mercredi, 29 juillet, 2009
(De rien Pupuce)
Bientôt tu liras de Jean Ikelle-Matiba CETTE AFRIQUE-LA un autre petit roman qui j'en suis sûr, t'instruiras beaucoup sur l'Afrique coloniale.
samedi, 01 août, 2009
C'est le même sujet, écrit en 1963, je vais peut-être traîner des pieds....
samedi, 15 août, 2009
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