PARIS-BREST
de Tanguy Viel Le narrateur, dans le train de retour pour Brest fait un voyage qui, contrairement à ce qu'il y paraît, est loin d'être banal. Dans sa valise, il porte quelquechose de bien lourd, de très précieux aussi, un roman familial qui ressemblerait à l'histoire de sa famille. Il y a des années, sa grand-mère a hérité de la fortune du vieil homme qu'elle venait presque d'épouser. Puis son père, pour des histoires sombres d'abus financiers de club de foot, a dû fuir avec sa mère la région de Brest pour s'exiler dans le Languedoc, laissant leur fils. Lui même, un jour sur un coup de tête dramatique, est parti vivre à Paris. Fuir quoi ? Fuir qui ? Aujourd'hui il est de retour pour un Noël sur Brest, avec la famille réunie. Difficile de penser que la fête sera détendue. Difficile aussi d'imaginer qu'il n'apercevra pas l'ombre du fils Kermeur, ce garçon, cet homme, cet élément essentiel dans la vie de sa famille, comme une pierre d'angle qui peut tout déstabiliser...
Extrait :
"C'est même en tant qu'ami qu'il a évoqué le Languedoc-Roussillon comme la région idéale pour l'exil et comme l'une des plus belles régions de France. Mais quelqu'un qui vous dit que le Languedoc-Roussillon est une des régions les plus belles de France, moi je n'appelle pas ça un ami.
Ma mère non plus ne l'appelle plus depuis longtemps son ami, comme longtemps elle le fit, comme longtemps elle employa l'expression "monsieur le procureur de la République", dès que l'occasion se présentait, dès qu'elle provoquait l'occasion pour le dire."
Extrait :"Or ce n'était pas du tout brumeux sur la côte ce matin-là quand la mer s'est présentée à nous, quand la route avait semblé un instant se jeter dans l'eau bleue, parce que la brume entre-temps s'était levée comme souvent si vite dans cette région.La brume à cet instant, ce n'était plus que les Gitanes sans filtre que mon père allumait l'une sur l'autre au milieu de quelques phrases absentes, très absentes même, puisque je crois qu'on ne s'est pas parlé du trajet, comme rendus plus silencieux encore par la mer endormie (...)."
Libellés : Littérature francophone, Livres
9 Commentaires:
J'ai aimé aussi même si il y a un coté trop construit qui me chagrine.
dimanche, 29 novembre, 2009
Le titre ne peut que m'attirer ! J'espère que j'aurai l'occasion de le trouver à la médiathèque.
dimanche, 29 novembre, 2009
@ Alain : alors moi, cette construction m'a assez plu, très construit comme tu dis, mais qui s'équilibrait assez bien avec les divagations, et la progression du récit.
@ Nanou : Je te le souhaite Nanou ! J'espère que le contenu non plus ne te laissera pas indifférente...
lundi, 30 novembre, 2009
cette note est belle
et bien écrite
un rien abstraite
pour décrire un gâteau
lundi, 30 novembre, 2009
Oohhh, merci JP...
Tu y vois une métaphore du gâteau éponyme ? ;-)
lundi, 30 novembre, 2009
Je confirme, Paris-Brest est un très bon roman. Très construit, effectivement, mais en laissant le lecteur dans le flou, ne donnant pas immédiatement toutes les pistes que prendra le récit.
Je confirme également, une plume à découvrir ;-)
mercredi, 02 décembre, 2009
Bonjour Yohan, merci de ton passage par ici et félicitations pour ton blog que je viens de découvrir et que j'apprécie !
mercredi, 02 décembre, 2009
J'y ai aimé le style de Viel qui nous passionne avec une histoire banale, mais quelle maîtrise !
mardi, 22 décembre, 2009
Totale maîtrise oui !
mardi, 22 décembre, 2009
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