SIN NOMBRE
de Cary Joji FukunagaAu Mexique, Chiapas, le jeune Casper est membre du gang La Mara et commence à recruter de plus jeunes que lui, comme Smiley, bravant les réticences de la grand-mère méfiante et avisée. Comme tous les membres de la Mara, il est protégé par le chef, le terrible LilMago. Mais quand ce chef en arrive à tuer la petite amie de Casper, celui-ci ne peut ravaler sa soif de vengeance. Il tuera Lil Mago, l'empêchant alors de commettre le viol d'une immigrée en partance pour les Etats-Unis, Sayra. Ces deux adolescents dès lors en fuite continuent leur route ensemble. Sayra doit arriver à passer la frontière. Casper lui, n'a plus de but, il sait qu'il est condamné à mort, il ne sait juste pas encore quand et par qui....Vu il y a déjà une semaine, je garde le souvenir de la claque donnée par ce film. Sans concession, Sin Nombre plante ses personnages dans une réalité sans nom, une violence inouïe, une tension permanente, en exposant comme dans un documentaire de nombreux aspects de ces deux tragédies contemporaines. Tragédie des gangs latino-américains impitoyables, ultra stucturés avec des codes et des rites de clan hors-la-loi, dont les membres les plus sceptiques, comme Casper, ne pourront jamais échapper. Tragédie des familles qui entreprennent le long voyage vers leur Eldorado (on repense au roman de Laurent Gaudé, avec cette fois-ci les migrants du sud au nord de l'Amérique) à travers Sayra qui part accompagnée de son oncle et de son père qu'elle vient juste de retrouver après des années de séparation. Les épreuves ne manqueront pas sur leur route, et malgré l'expérience des passeurs, la traversée du Salvador, du Guatemala et du Mexique ne lui accordera que très peu de répit, et lui ôtera les hommes qui la protègent.
C'est impressionnant. Quand les paysages traversés à dos de train sont de toute beauté, on ne peut pour autant baisser la garde, le danger est partout.
C'est impressionnant par le jeu de ces acteurs, parfois très jeunes, qui sur leurs visages laissent voir une tension inhumaine, une clairvoyance qui lutte avec la résignation ou l'espoir.
Bref, c'est dur, saisissant, beau parfois. Une tragédie qui émeut puisqu'on la sait peu éloignée des réalités contemporaines.
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L'avis de Kilucru - Les Irréductibles
Libellés : Cinéma Latino-Américain, Film


7 Commentaires:
Je lis et j'entends beaucoup de bonnes choses sur ce film. Ton avis me confirme qu'il serait dommage de passer à côté. Je vais sûrement tenter ce week-end !
vendredi, 06 novembre, 2009
Ha!lalala!Trois fois la encore, j'ai commis l'erreur de voir le documentaire la Vida Loca juste avant!Soit la réalité avant une fiction..certes très proche de la vérité(oui pauvre rime)..
Et comme j'ai pratiquement enchainé les deux..
Bon je reverrai Sin Nombre à nouveau avec plaisir, ne serait que pour la rencontre entre ces deux jeunes gens et ce cadeau magnifique de l'un à l'autre !
vendredi, 06 novembre, 2009
@ Laëtitia : J'ai beaucoup aimé ce film qui m'a tenue en haleine. Un thriller tropical réussi, avec tout ce qu'il comporte de réalités à peine interprétées...
@ Kilucru : je ne l'ai pas vu ce documentaire. J'ai vu un documentaire sur le documentaire et son réalisateur malheureusement disparu. Ca résonne beaucoup.
samedi, 07 novembre, 2009
Je viens de publier mon billet ciné comportant la critique de Sin Nombre. Je me rends compte que nous avons utilisé le même mot, j'ai moi aussi très "impressionnée". Un petit bémol néanmoins sur la fin.
vendredi, 13 novembre, 2009
Oui, mais c'était leur destin à chacun des 2... Lui était condamné et elle, c'est sa grand-mère qui avait prédit cela... Le réalisateur n'a pas pû passer outre ! ;-)
samedi, 14 novembre, 2009
Ah mais je ne remets pas du tout ça en question ! C'est plutôt les images en elles-même que j'ai trouvé trop "téléphonées" ;-)
lundi, 16 novembre, 2009
Ah ! OK. Chez moi c'est assez bien passé les images...
lundi, 16 novembre, 2009
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