Cinéma d'émotions - Heures d'évasion - Echanges inspirés - Zapping critiquable . Livres (peu) aimés et Oeuvres inoubliables !...

05 avril 2010

L'ECUME DES JOURS

de Boris VianRoman - 350 pages
Editions Gallimard - 1947

Editions Livre de Poche - juin 2007
Colin et Chloé sont jeunes, ils s'aiment, ils vont se marier. Colin possède assez d'argent pour ne pas travailler et pour s'offrir les services de Nicolas le cuisinier. Les jours s'écoulent avec sa douce et ses amis, notamment Chick, le fan inconditionnel de Jean-Sol Partre. Mais un jour on apprend que Chloé est malade, une maladie qui serait curable, mais à quel prix ! Dans son poumon, un nénuphar se développe et l'étouffe peu à peu... Elle est alitée et la vie de Colin est à présent tout entière vouée à veiller sur Chloé, à trouver un emploi pour payer les fleurs-médicaments... en espérant que ce cauchemar termine.

Enfin je me plonge dans ce livre si particulier, si encensé et si décrié à la fois. Le roman loufoque de prime abord et complètement atypique, d'une époque passée, m'absorbe cette fois-ci. Je laisse cours à la lecture, à la déambulation entre ces pages, ces lignes riches en néologismes, en jeux de mot, en poésie. Un univers de conte fantastique mais raccroché par la maladie de Chloé à la dureté de la vie et de l'amour.
Extrait :"Colin, debout au coin de la place, attendait Chloé. La place était ronde et il y avait une église, des pigeons, un square, des bancs, et, devant, des autos et des autobus, sur du macadam. Le soleil aussi attendait Chloé, mais lui pouvait s’amuser à faire des ombres, à faire germer des graines de haricot sauvage dans les interstices adéquats, à pousser des volets et rendre honteux un réverbère allumé pour raison d’inconscience de la part d’un Cépédéiste."
Car dans L'écume des jours, les objets sont vivants, les rues sont mouvantes, les trottoirs ont leur viscosité et il n'est pas rare que les pas s'y enfonçent. La lumière se déverse comme un fluide matérialisé. Les portes renvoient leur poussée à qui les ouvre brutalement. Le ciel bleu peut pendre et les nuages se fracasser au sol... Les souris sont des animaux de compagnie doués de parole.
Et puis il y a aussi de l'humour, avec ces groupies de Jean-Sol Partre, un rien ironiques vis-à-vis du philosophe (au nom en contrepétrie). L'institution religieuse catholique n'échappe pas non plus à une certaine attaque grinçante.
Comme Laëtitia, j'ai admiré cette façon de donner autant d'importance à l'histoire qu'à la forme et à toutes ces libertés d'écriture, sans pour autant en faire un texte indigeste.
Ce conte est souvent léger, mais progresse en étant de plus en plus grave. La maladie de Chloé évolue et les pièces, les espaces se rétrécissent, ce qui crée un sentiment d'angoisse surréaliste. En espérant que ce ne soit pas une métaphore du mariage...

L'avis de Matthieu - Baudelire

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2 Commentaires:

Anonymous alain dit...

C'est un livre que j'ai adoré ado comme toute l'oeuvre de Vian. Un peu déçu quand je l'ai relu il y a quelques années. Je pense que le style ne me semblait plus aussi percutant.

mardi, 06 avril, 2010

 
Blogger Lo dit...

Moi, ado, je n'ai pas lu plus de 10 pages de ce livre. Je n'y trouvais aucun intérêt (l'âge bête quoi... )

mardi, 06 avril, 2010

 

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