TÊTE DE TURC
de Pascal Elbé Drame policier - 1h30
Sortie salles France - 31 mars 2010
avec Pascal Elbé, Roschdy Zem, Samir Makhlouf, Roni Elkabetz, Léo Elbé, Simon Abkarian...
Simon est médecin, et un jour qu'il intervient dans une cité de banlieue parisienne, sa voiture est attaquée, il reçoit projectiles et cocktail molotov. Les jeunes sont en ébullition à cause de la violence des policiers qui mènent une action de démantèlement du trafic de droque. Or il se trouve que c'est le jeune Bora qui lance la bouteille enflammée, et que c'est lui même qui sauve la vie du médecin en le sortant in extremis du véhicule en feu. Alors que Simon est en réanimation, son frère Atom, policier, veut poursuivre cette enquête, et retrouver à tout prix le lanceur de cocktail molotov...
La tête de turc, c'est celle de Bora, le jeune d'origine turque à la fois coupable et sauveur, fautif et héros. Pour sa mère, d'abord ignorante de sa culpabilité, il mérite sa décoration officielle. Pour les trafiquants de la cité, il est la cause du retour des flics sur le territoire, et de la baisse de leurs revenus illégaux. Pour Hassan dont le frère est accusé et en prison, Bora s'en sort trop bien. Il y a l'omerta bien sûr, qui protège Bora, mais sa conscience le torture, et bientôt l'étau se ressert autour de lui et sa famille.
Nous plongeant très vite dans l'histoire dure, violente, Tête de turc est un film efficace. En toile de fond bien sûr le décor de la banlieue, avec les réseaux de trafiquants, les mules qui sont des femmes transportant la came dans les poussettes, ou des enfants donc on doit charger les cartables, mais aussi les familles vues de l'intérieur, souvent tenues à bout de bras par des femmes méritantes. Et puis évidemment les situations psychologiquement difficiles quand les désirs de vengeance éclatent. Les personnages m'ont convaincue, avec le regret de ne pas s'atarder plus sur le personnage joué par Simon Abkarian, dont le geste funeste est fondamental. Rien non plus sur la réaction de Simon suite à ce drame final, lui qui est si conciliant, loin de l'esprit de vengeance. Et chose peu comprise : l'allusion au frère défunt d'Atom et Simon, dont Simon ne connaissait pas l'existence. Pourquoi cet élément dans le film ? Que vient-il compléter sur le portrait des 2 frères ? [une réponse : expliquer le comportement surprotecteur et vengeur d'Atom, culpabilisé par cette tragédie dans son enfance]
Hormis ça et les flashs blancs entre certaines scènes qui nous font penser à tort qu'il s'agit de flash-backs, le film est vraiment réussi, et Pascal Elbé peut être fier de son travail et de son fils, Léo qui joue le rôle du petit frère de Bora !
.
Libellés : Cinéma français, Film, Polar, Thriller


4 Commentaires:
C'est vrai un très beau film. La fin m'a troublé, un peu. Il y a une histoire de trop pour moi.
lundi, 05 avril, 2010
C'est drôle. Pour moi, cette histoire dont tu parles n'est pas assez approfondie, j'aurais aimé voir plus longtemps Simon Abkarian, et surtout, la réaction de Simon (éternel conciliateur, n'éprouvant pas de haine ni de vengeance) envers ce veuf déboussolé et son acte criminel.
L'histoire de trop pour moi serait la découverte par Simon qu'il a eu un frère décédé...
lundi, 05 avril, 2010
Je suis d'accord. Ce qui m'a géné. C'est que l'histoire du veuf soit si peu développée. On le voit au début, un peu au milieu et à la fin. Le personnage n'a pas pour moi d'épaisseur. Il n'arrive qu'à la fin pour terminer le film. D'accord avec toi sur le frère de Simon. Je pense que le réalisateur a voulu trop en mettre.. Mais c'est très bien, malgré tout..
lundi, 05 avril, 2010
Oui, ce n'est pas l'essentiel du scenario, qui est abouti et captivant.
lundi, 05 avril, 2010
Enregistrer un commentaire
Un avis à partager ? Une suggestion à échanger ? Et vous, qu'en dites-vous ?
Links to this post:
Créer un lien
<< Home