Cinéma d'émotions - Heures d'évasion - Echanges inspirés - Zapping critiquable . Livres (peu) aimés et Oeuvres inoubliables !...

17 septembre 2010

KIFFE KIFFE DEMAIN

de Faïza Guène
Roman - 190 pages
Editions Hachette - avril 2004
Editions Livre de Poche - septembre 2005

Doria, 15 ans, vit avec sa mère dans un F2 de banlieue. Pas rose tous les jours mais elles n'ont pas pour habitude de se laisser abattre. Le père retourné au Maroc, la mère analphabète supporte les pires boulots, les humiliations, la nécessité. Doria souffre parfois des difficultés scolaires, de cette pauvreté, et a déjà renoncé à beaucoup du confort matériel des jeunes de sa génération. Mais elle n'est pas pour autant dans l'exclusion sociale, car il y a les visites des assistantes sociales, les séances avec la psy, et surtout son grand ami Hamoudi qui tient les murs de la cité, et puis peut-être aussi Nabil, ce mec nul qui lui donne des cours de soutien.

C'est avec une langue irrésistible, pleine de vie, d'images, de malice, que s'exprime la narratrice Doria. Elle parle de sa vie, ses emmerdes, sa banlieue, sa mère et ses voisins. Sans pathos. La ligne téléphonique est coupée suite aux impayés, la mère se fait humilier quand elle se rend au Secours Populaire, le chômage la surprend après l'exploitation chez un employeur peu convoité... Malgré tout, elle passe sur ces aspects en les effleurant à peine, ce n'est pas là l'occasion de s'apitoyer sur leur sort.
Extrait :
"En sortant du bahut, j'ai croisé Hamoudi. Il m'a proposé de m'embarquer pour me déposer au quartier. J'étais fière alors j'en ai profité pour flamber un peu, pour que toutes ces tronches de cake au bahut me voient partir avec la doublure d'Antonio Banderas dans Zorro, mais en plus balafré. En fait, personne n'a vu. c'est pas grave."
Evidemment, sous cette petite carapace d'ado, il y a beaucoup de complexes d'infériorité qui la ronge, des doutes de jeune femme, des rêves qu'elle s'autorise furtivement. Mais c'est l'humour quasi omniprésent qui prime, qui enveloppe toute cette grisaille d'un baume d'espoir.
Au final, on retiendra qu'il n'y a pas que le rap et le foot comme espoir de salut pour la jeunesse des banlieues défavorisées : il y a l'amour aussi, c'est efficace et c'est une très bonne nouvelle.

Il faut attendre l'ultime page du roman pour comprendre le titre du livre et son orthographe....

L'avis de Gangoueus - Chez Gangoueus

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8 Commentaires:

Anonymous Mo' la fée dit...

n'y avait-il pas eu un film adaptant ce roman ? Le roman en lui même ne me dit rien mais j'ai l'impression de le connaître pourtant... je réfléchis ^^

samedi, 18 septembre, 2010

 
Blogger Myriam Thibault alias Angel-A dit...

Un livre que j'avais beaucoup apprécié. Et d'ailleurs on retrouve l'humour de l'auteur dans ses autres romans.

samedi, 18 septembre, 2010

 
Anonymous alain dit...

J'ai bien aimé aussi.

samedi, 18 septembre, 2010

 
Blogger Lo dit...

@ Mo' la Fée : Salut Mo' ! Non je ne crois pas, en tout cas, rien vu à ce sujet. Il se pourrait que ce soit un projet et que tu sois dans le secret ! ;-)

@ Angel-A : bonjour à toi ! Je pense lire ses prochains romans justement parce que j'espère y retrouver son humour...

@ Alain : Je comprends ! Pour son âge (19 ans je crois), elle a fait preuve de beaucoup de recul et d'une belle plume pétillante !

dimanche, 19 septembre, 2010

 
Anonymous Mo' la fée dit...

un projet et moi dans le secret ?? non, ce n'est pas possible ^^ Alors j'ai du le lire à sa sortie mais je garde des images en tête.

dimanche, 19 septembre, 2010

 
Blogger Lo dit...

Ca doit être ça. C'est vrai que ça fait pas mal d'années qu'il a paru. En tous cas, le travail de Faïza Guène a été afficace si tu gardes des images en tête après plusieurs années...

dimanche, 19 septembre, 2010

 
Blogger GANGOUEUS dit...

Vous me rassurez tous. J'ai lu tellement de critiques assassines sur ce roman, qu'il m'est arrivé de douter de moi-même. De douter de l'émotion que j'ai ressenti en lisant l'histoire de Dounia dans sa cité.

Chère Lo, la langue est tout de même massacrée à la tronçonneuse, mais Faïza Guène choisit d'être au plus près de cette jeunesse, avec ses états d'ame qui ne soucient d'être dans des codes de conduite...

samedi, 30 octobre, 2010

 
Blogger Lo dit...

"Massacrée à la tronçonneuse" ?! Moi je trouve pas, c'est une façon de s'approprier la langue française, et de la rendre imagée et dynamique....

samedi, 30 octobre, 2010

 

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