VOUS ALLEZ RENCONTRER UN BEL ET SOMBRE INCONNU
de Woody AllenComédie - 1h38
avec Naomi Watts, Antonio Banderas, Josh Brolin, Anthony Hopkins...
Sexagénaires, Alfie et sa femme Helena traversent une mauvaise passe. Monsieur a décidé qu'il pouvait largement se permettre d'aller voir ailleurs et de fréquenter une jeune bimbo décérébrée. Alors Madame pète un peu les plombs, flirte avec le scotch et est assidue aux scéances de voyance d'une charlatane du coin qui lui promet le plus bel avenir qui soit. Elle lui prédit aussi l'avenir de son gendre. Car il faut savoir que sa fille est mal mariée, à un homme pseudo écrivain en manque d'inspiration et surtout en manque d'argent. Mais, il n'est cependant pas en manque d'attirance pour la voisine qui s'est installée dans l'immeuble d'en face et qu'il passe ses journée à regarder jouer de la guitare...
C'est l'histoire de femmes au bord de la crise de nerfs, et d'hommes appelés par les sirènes du nouvel amour et de la jeunesse. C'est du Woody Allen avec ses qualités et ses défauts, ou plûtot ses moments de plaisir et ses scènes agaçantes.
Des passages et des personnages délicieux, à fleur de peau, la mère hystérico-déprimée qui rabaisse sans arrêt son écrivain de gendre en lui promettant un beau futur... ailleurs que dans la littérature. C'est drôle, cet univers et ses accoutrements so brittish et puis cette franchise sans fausse politesse qui tranche. On a aussi droit aux légendaires engueulades mère-fille.
Et puis, et puis, le rythme s'accélère, les rebondissements s'enchaînent, et les répliques sont parfois jubilatoires, comme sait nous les offrir Woody Allen.
Il s'est amusé à déjouer les cours du destin, à sapper les espoirs de ceux, comme Alfie (qui comptait sur un mariage d'amour avec sa bimbo), Roy (qui, ayant été la cause de l'annulation du mariage de sa dulcinée s'apprêtait par un énorme tout de passe-passe à publier un futur succès qu'il n'a pas écrit...), et même Sally, la jeune femme (qui comptait sur l'aide de sa mère pour redémarrer une nouvelle vie professionnelle, et amoureuse peut-être). C'est Helena qui nous appraît comme une femme sur le déclin, à l'avenir peu réjouissant, engluée dans ses histoires de voyance. Et paradoxalement, c'est la seule à qui l'avenir donnera raison, comme si l'assurance ne devait pas venir de ses propres projets, mais qu'il fallait s'en remettre à autrui pour croire en son avenir.
On regrette les changements de rythme, ces scènes qui traînent un peu en longueur. Et surtout cette fin, très décevante pour moi, peu aboutie, qui ne tient pas ses promesses.
En somme, un cru de Woody Allen sympathique mais pas enthousiasmant comme l'était Match Point par exemple.
Libellés : Cinéma Nord-Américain, Film


5 Commentaires:
Hi ! oui petit cru mais depuis je me fais régulièrement tirer les cartes et ma vie est toute nimbée de rose..lol
sinon l'ovni a ne pas louper vient de Belgique of corse "Illegal" pamphlet uppercut sur l'immigration et la précarité des sans papiers..remarquable !
j'ai craqué aussi sur "Kaboom", "Pauline et François" et même " La vie au ranch"...par contre pouur ce qui est d'écrire une ligne..bof...
Faut dire que je vole de concert en concert aussi...mais je ressens en besoin vital de changer de formule( nouvelle vitrine pour ce foutu blog...sans savoir ni quoi, ni comment faire..à suivre !
lundi, 18 octobre, 2010
C'est vrai. Mais en y réfléchissant, c'est très dans l'air présent; des destinées individuelles qui se croisent..
mardi, 19 octobre, 2010
@ Kilucru : tu es en période de sécheresse bloguesque alors ! Ca arrive, mais c'est dommage pour tes lecteurs ! A très vite avec la nouvelle formule alors !
@ Alain : oui, et puis c'est vrai qu'on peut aussi y lire un message d'espoir : le bonheur ne serait pas à chercher dans les apparences, dans la réussite professionnelle.... mais ailleurs...
dimanche, 24 octobre, 2010
Bon je cherchais une critique sur les Irréductibles mais rien.
Perso je vous trouve un peu dur avec ce film. On rit moins que le précédent mais les bons moments ne manquent pas. Je me marrais encore le lendemain en imaginant le pseudo écrivain vivant dans l'angoisse du réveil de son ami ou obligé de faire la lecture de son livre à son chevet. Savoureux supplice !
En tout cas depuis que woody joue plus dans ses films. Je trouve que les sous-titres sont plus faciles à lire. Suivre le débit d'Allen devenait épuisant.
vendredi, 12 novembre, 2010
Oui, Kilucru (des Irréductibles) l'a vu mais il n'a même pas daigné le chroniquer.... Il est encore plus dur que moi ;-)
Oui, il y a de bons moments, mais j'ai trouvé qu'il manquait quelque chose pour que le plaisir "allenien" soit au rendez-vous. Pour ce qui est du débit d'Allen, c'est sûr que sans lui, ça repose.... Mais peut-être que ça me manque un peu, ce brin d'hystérie speed dans les dialogues.....
samedi, 13 novembre, 2010
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