de Mike Leigh
Comédie dramatique - 2h10
Sortie salles France - 22 décembre 2010
avec Jim Broadbent, Lesley Manville, Ruth Sheen...
Tom et Gerri forment un vieux couple paisible et harmonieux. Leur vie s'écoule entre les travaux du jardin, leurs boulots (Gerri est psychologue et Tom est ingénieur géologue), et les repas qu'ils organisent souvent chez eux avec leur famille, leurs collègues, leurs amis. Mary, collègue de Gerri, est une habituée de la maison. Souvent invitée, elle trouve auprès d'eux le réconfort et l'affecrion qui lui manquent. Malheureusement, elle boit souvent, trop, jusqu'à ce qu'on la plaigne et qu'on l'oblige à ne pas reprendre la route. Joe, le fils de Tom et Gerri est encore célibataire. Mary, malgré son âge supérieur, se met à le regarder avec intérêt, mais c'est alors que Joe présente à ses parents sa nouvelle petite amie, une jeune femme qui pète le feu.
Le dernier film de Mike Leigh que j'ai vu remonte je crois à
Be Happy, dans un registre beaucoup plus enjoué, malicieux, mais qui mettait en scène aussi une femme très vive, au débit de parole impressionant.
Printemps, été, automne, hiver. Les saisons se suivent sous l'oeil de Mike Leigh. Elles s'ouvrent toujours sur le jardin de Tom et Gerri, sur leur demeure, lieu d'ancrage, point de référence. Chez eux, les amis s'invitent, s'épanchent, le frère déprimé fait escale quelques jours, le fils Joe revient de temps en temps, les collègues passent les après-midi d'été, le frère veuf se remet après l'enterrement de sa femme.
Au printemps, une grossesse (de la collègue noire de Gerri), en été la naissance du petit, les après-midi dehors, Mary toute pimpante, avec sa nouvelle voiture. En automne, Mary déchante, elle s'épanche toujours chez ses amis, eux gardent du recul, il y a comme un froid qui s'installe, la jalousie de Mary à l'encontre de la petite amie de Joe déçoit grandement Tom et Gerri, les parents de ce dernier. Résolument décidés à accueillir au sein de leur famille cet espoir pour leur fils, ils font le choix. Mary n'est plus la bienvenue. Hiver, le froid, la neige, le décès de la belle-soeur, les funérailles.


La famille comme noyau sûr. La fraternité, l'amitié qu'on doit entretenir. Le bonheur des siens, de sa famille proche, fixant les limites de l'hospitalité, du pardon et de l'indulgence.
Ce couple au comportement très ouvert, amical, simple et généreux, se révèle d'un égoïsme protecteur lorsque Mary menace l'équilibre familial et se pose en première héritière de l'amitié du vieux couple. Ils ont pour habitude de tendre la main pour secourir mais lorsqu'on ne la saisit pas, - comme l'ami Ken peu emballé par l'idée d'une longue randonnée avec Tom, qui l'éloignerait un peu de l'alcool - il faut alors s'interroger sur les responsabilités du malheur.
Mike Leigh dissèque les rapports humains, nous donne à penser, nous rend le jugement difficile. Un film qui fait cogiter, dont on parle ensemble à la sortie de la salle.
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L'avis de Kilucru - Les Irréductibles L'avis d'Alain - La mer pour horizonLibellés : Cinéma européen, Film
3 Commentaires:
Je suis content d'avoir fini 2010 avec ce beau film..
dimanche, 02 janvier, 2011
Et moi d'avoir entamé 2011, another year.... ;-)
dimanche, 02 janvier, 2011
Il y a plusieurs façons de lire le film de Mike Leigh qui, comme tu le dis, est un film qui fait réfléchir (presqu'au sens premier de miroir) et causer.
On peut y voir les efforts désespérés (et désespérants) de Mary pour s'accrocher à la bouée Tom & Gerri : elle est prête à tout, comme à enfoncer la tête sous l'eau de son compagnon d'infortune Ken puisqu'il n'y a certainement pas de place pour deux sur la bouée. Elle est prête à tout et avec tout le monde mais chut.
On peut également y suivre la voie (trop ?) rectiligne tracée par Tom & Gerri : droits dans leurs bottes en caoutchouc, ils suivent leur bonhomme de chemin, imperturbables dans leur abri de jardin, expliquant à leurs amis que tout est question de choix dans la vie et que, une fois les choix faits, et bien il faut les assumer. À ce propos, l'une des scènes qui ouvre le film et où l'on voit Gerri dans l'exercice de son métier est riche d'enseignements sur cette facette du film.
Mais le regard désabusé de Mike Leigh se garde bien de donner des leçons de morale : à chaque spectateur, selon son histoire, selon son humeur, de se faire son propre film.
Ce sera de toute manière un beau film : les acteurs sont vraiment extraordinaires et tant de choses non dites passent dans un silence ou un regard ... Du vrai cinéma.
lundi, 03 janvier, 2011
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