Cinéma d'émotions - Heures d'évasion - Echanges inspirés - Zapping critiquable . Livres (peu) aimés et Oeuvres inoubliables !...

13 février 2011

SI LA COUR DU MOUTON EST SALE, CE N'EST PAS AU PORC DE LE DIRE

de Florent Couao-Zotti
Roman - 200 pages
Editions Le Serpent à Plumes - janvier 2010

Dans le brouhaha crasseux de Cotonou, la capitale béninoise, on a retrouvé le cadavre d'une jeune femme, l'ancienne miss-Bénin qui a tourné prostituée. Impliquée dans un trafic de farine, elle laisse derrière elle une valise de grande valeur, qu'un de ses amies ne tardera pas à récupérer, afin de l'échanger contre quelques liasses de billets. Oui, mais voilà, dans ce milieu crapuleux, on se frotte à des hommes dangereux, comme Smaïn ou son homme de main, et même si on fait appel au détective privé SDK, les ennuis sont à prévoir...
Un voyage intrépide dans les rues agitées de Cotonou, voilà ce que nous offre Florent Couao-Zotti. Cotonou - ou Coto-trou - plaque tournante de la drogue, première ville des zémidjans (moto-taxi), ville du golfe du Bénin, comme Lomé sa cousine, avec ce que cela comporte de bordel, d'hommes d'affaires Libanais peu scrupuleux, de fonctionnaires corrompus, de vie, de trafics, de rues impraticables par temps de pluie.
Extrait :
"Dèkoungbé, un des quartiers de Godomey, ville de la banlieue de Cotonou. De simple bourgade au début des années quatre-vingt, il était devenu, en l'espace d'une décennie, l'une des zones les plus populeuses et les plus tumultueuses, à mi-chemin entre village, brousse et foutoir. Foutoir, surtout lorsque arrivent les pluies, la saison dite des chiens.
D'ailleurs, avec l'orage d'il y a deux jours, la crue ne s'était pas fait prier pour s'installer. Les eaux débordaient de partout. Elles sinuaient dans les rues, croupissaient dans les maisons, faisaient gonfler les ordures en même temps qu'eles arrachaient aux latrines leurs sympathiques contenus."
Ce roman se dévore normalement d'une traite. Je dis normalement car ma première tentative de lecture n'a pû se passer de la sorte, à cause d'une erreur d'imprimerie : au lieu de la page 111 qui devait m'attendre après la n°110, je me suis trouvée nez à nez avec la page 48 et le fil du roman me ramena plusieurs chapitres en arrière... Bref, plusieurs dizaines de pages manquaient, et il m'a fallu quitter le commissaire Samuel Dossou Kakpo, les filles de joie téméraires, les klaxons des zems qui roulent à toute allure par les vons ténébreux de Cotonou... en attendant que la maison d'édition me fasse parvenir un exemplaire conforme.

Images de Lomé, Togo, 2008.

Ce roman est un délice plein de malice, avec une histoire entraînante grâce au talent romanesque certain de Florent Couao-Zotti et des nombreux clins d'oeil irrésistiblement drôles. C'est aussi une fresque d'une certaine Afrique contemporaine, de la vie effrénée des quartiers mal famés des capitales du golfe du Bénin. Et pour ceux qui connaissent ces pays, ce sera sans aucun doute un grand bonheur à lire et imaginer ces scènes réalistes, à se remémorer éventuellement des situations similaires, à savourer les expressions du cru sans se référer aux pages du lexique.

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8 Commentaires:

Anonymous alain dit...

j'aime bien les romans qui se passent en Afrique. c'est noté, merci.

lundi, 14 février, 2011

 
Blogger Lo dit...

Celui est vraiment truculent, un régal !

lundi, 14 février, 2011

 
Blogger zarline dit...

Hé hé, pas sûre de vouloir me remémorer mes déplacements en zem mais je note quand même ce roman ;-) Je veux de toutes façons découvrir cette collection depuis un moment et keisha m'avait déjà donné envie. Et sympa tes photos.

lundi, 14 février, 2011

 
Blogger Lo dit...

Merci beaucoup Zarline !
Y'a des moments où monter sur un zem pétaradant et filer sur la terre rouge me manque beaucoup.... Hélàs autour de moi on s'évertue à me déconseiller de remonter dessus.... C'est quand même terriblement pratique, et c'est vrai que j'ai eu la chance de n'avoir pas connu de mauvaise expérience....

lundi, 14 février, 2011

 
OpenID jpb dit...

très joli titre

jeudi, 17 février, 2011

 
Blogger Lo dit...

Chaque titre de chapitre est un proverbe du même acabit :
"Tous les coqs qui chantent ont d'abord été des oeufs"
"Le grain de maïs a beau courir, il finit toujours sa course dans le bec du coq"
"Le fleuve fait des détours parce qu'on ne lui montre pas le chemin"
ou encore :
"Aussi loin que va le jet d'urine, il finit toujours sa course entre les jambes" ! ;-)

jeudi, 17 février, 2011

 
Blogger GANGOUEUS dit...

Il faut que je réplonge dans l'univers de Couao-Zotti, c'est indispensable.

mardi, 01 mars, 2011

 
Blogger Lo dit...

Pour moi c'était la première plongée, très chouette, à la fois familière et dépaysante par cette intrigue policière.

mercredi, 02 mars, 2011

 

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