Cinéma d'émotions - Heures d'évasion - Echanges inspirés - Zapping critiquable . Livres (peu) aimés et Oeuvres inoubliables !...

14 avril 2011

LA NOSTRA VITA

de Daniele Luchetti
Drame - 1h30
Sortie salles France - 6 avril 2011
avec Elio Germano, Raoul Bova, Isabella Ragonese...
Prix d'interprétation masculine - Cannes 2010



Claudio, contremaître de chantier, et sa femme enceinte de leur troisième enfant, forment un jeune couple amoureux, heureux de vivre dans leur banlieue de Rome. Quand sa femme meurt brutalement en couches, Claudio se retrouve seul avec ses trois fils à faire face à la vie injuste, à la quête de l'argent pour mettre sa famille en sécurité, tentant d'oublier sa femme qu'il aime. La rage et le désespoir enfoui le feront travailler obstinément, quitte à reprendre un chantier foireux au black, alors qu'un employé gît toujours secrètement dans les fondations. Le chantier ne lui apporte pas de répit, mais des emmerdes, des rebellions, et l'argent vient à manquer pour payer les ouvriers. Heureusement, la famille existe et la Camorra sera remboursée...

Le film s'ouvre sur cette histoire d'amour presque insolente tellement elle respire le bonheur et l'harmonie, la joie de vivre, la jeunesse et l'avenir. Puis, comme un grain de sable dans l'engrenage, cette découverte macabre du corps mort d'un gardien roumain sous la cage d'escalier du chantier où Claudio travaille. Mais comment déclarer l'accident quand le chantier tourne dans l'illégalité ? Le drame s'abat définitivement sur la vie de Claudio quand sa femme décède. Sa rage douloureuse s'exprimera lors d'une scène d'enterrement tragique où son chant hurlant nous fera craindre le pire.


La singularité de ce film réside, me semble-t-il, dans le fait que les réalités sociales italiennes se mêlent au caractère du personnage principal. On devrait être en empathie avec lui, compatir et le soutenir. Mais plusieurs aspects de sa personnalité nous refroidissent : un racisme ordinaire, une soif d'argent pour combler l'absence de l'épouse et mère, un comportement m'as-tu vu, une arrogance, une absence de scrupules professionnels, un penchant pour l'illégalité, sa collaboration (unique solution peut-être) avec la Camorra, sa tristesse trop peu souvent lisible. Et puis autour, la famille, le pilier, le support, les sacrifices qu'elle fait pour s'occuper de ses enfants, puir l'aider financièrement à s'en tirer.


Un histoire qui serait mélo s'il n'y avait pas cette dimension sociale qui nous montre - comme dans de nombreux films italiens récents - une critique de l'Italie corrompue d'aujourd'hui, de la société de consommation et des dégâts qu'elle cause à trop vouloir paraître. Un film malgré tout humaniste, avec des personnages bien incarnés, et un homme que l'on suit souvent dans sa détresse, caméra à l'épaule. Un beau film. Dur.


L'avis de Pascale - Sur la route du cinéma
L'avis de Yann Riou - 75011.fr

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6 Commentaires:

Anonymous alain dit...

J'espère qu'il passera ici.

jeudi, 14 avril, 2011

 
Blogger Lo dit...

C'est sa deuxième semaine ici et malheureusement, il ne restera peut-être pas plus longtemps. Je te souhaite de le voir, c'est un film intéressant.

jeudi, 14 avril, 2011

 
Anonymous dasola dit...

Bonjour Lo, j'ai vu ce film bien fait qui commence pas mal mais il comporte des maladresses. On ne nous montre pas les relations père-fils. On reste trop en dehors de l'intimité du personnage. C'est un film un peu froid alors que l'on devrait être ému. Bonne fin d'après-midi.

vendredi, 15 avril, 2011

 
Blogger Lo dit...

Bonjour Dasola,

Justement, j'ai aimé ne pas être émue trop facilement. c'est vrai qu'il est difficile de comprendre le personnage, mais la situation rend les personnes incompréhensibles. Comme s'il se détournait des souvenirs, de son rôle de père. Mais à la fin du film, on peut espérer que les choses ont évolué, il se rapproche de ses fils (qui l'ont soutenu) et accepte enfin de partager leur douleur.

vendredi, 15 avril, 2011

 
Anonymous Anis dit...

J'avoue que je n'i pas accroché avec ce personnage, ni ce film d'ailleurs que j'ai trouvé de bon niveau cependant, avec un grand travail au niveau des acteurs.

lundi, 18 avril, 2011

 
Blogger Lo dit...

J'y repense beaucoup, et plus j'y repense, plus j'aime ce film. Ce parallèle entre un chantier bancal et une vie à remettre debout par tous les moyens.

lundi, 18 avril, 2011

 

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