LA PLUIE D'ETE
de Marguerite DurasRoman - 150 pages
Editions POL - janvier 1990
Editions poche Folio - mars 1994
Ernesto est l'aîné d'une famille nombreuse, immigrée, chômeuse et pauvre qui vit entassée et proche de la Nationale à Vitry-sur-Seine. Il doit s'occuper de ses brothers et sisters. L'école, ça lui plaît pas, malgré qu'il ait 12 ans à peu près et en paraisse plûtot 20. Il est resté 10 jours sur les bancs et ça lui a suffit, c'est pas la peine parce que ça veut lui apprendre des choses qu'il ne sait pas. Alors, malgré son désespoir, il mène sa vie différente, souffrant de sa trop grande intelligence, de l'incompréhension et de la déception de son entourage, il apprend à lire des livres trouvés dans les poubelles, il apprend un tas de choses. Et il aime Jeanne, la seconde de la fratrie, d'un amour incestueux.
La mère c'est Natacha, appelée parfois Hanka, Emilia, une femme aux multiples prénoms comme si son identité était mal cernée, une immigrée d'Ukraine ou de Sibérie. Avec son mari venu d'Italie, ils forment un couple à la marge, ils sortent souvent en ville pour revenir ivres, ils ne cherchent plus de boulot. Quand Ernesto refuse d'aller à l'école, la mère rit, le père comprend et admire. Leur éducation sort pour le moins des chantiers battus. Leurs enfants n'en sont-ils pas moins heureux ?
Extrait :"La nuit il regretta. La mort. Les chiens. L’enfance, il regretta, beaucoup, beaucoup. L’amour, il regretta. L’amour, il regretta au-delà de sa vie, au-delà de ses forces. L’amour d’elle.
Les ciels d’orage. La pluie d’été. L’Enfance.
Jusqu’à la fin de la vie, l’amour d’elle.
Et puis un jour, il lui était venu le désir ardent de vivre une vie de pierre. De mort et de pierre.
Une fois, il ne regretta pas. Plus rien il regretta.
Ça avait été pendant cette nuit-là, que tomba sur Vitry la première pluie d’été. Elle tomba sur tout le centre-ville, le fleuve, l’autoroute détruite, l’arbre, les sentes et les pentes des enfants, forte et drue comme un flot de sanglots. "
Ensuite il y a l'instituteur qui tentera de ramener Ernesto sur le droit chemin de l'école. Sans succès, mais le maître sera fortement impressionné et subjugué par Ernesto et cette famille hors-norme. Une famille dans laquelle Ernesto et Jeanne la soeur forment peut-être le vrai couple parental : matures, amoureux, protecteurs, ils sont l'image rassurante et autoritaire pour les frères et soeurs que l'on n'appelle jamais pas leur prénom, que l'on ne distingue pas, comme s'ils formaient une masse diffuse et globale, au contraire des aînés.
Une écriture ardue, hermétique, difficile à apprivoiser. Après C'est tout, je poursuis ma découverte de Marguerite Duras à travers ce roman, écrit à la suite du film Les enfants, dont l'histoire est similaire.
Un récit d'enfant en forme de pensées d'adulte qui mêle poésie, philosophie et surréalisme. Qui déroute souvent le lecteur, le surprend parfois avec des mots qui résonnent et qui touchent. ____________[merci Miss Molko !]
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Notes psychanalytiques - Les jours chroniques
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Notes psychanalytiques - Les jours chroniques
Libellés : Littérature francophone, Livres
7 Commentaires:
Je l'ai lu il y a longtemps mais j'avais adoré comme presque tout Marguerite Duras.
dimanche, 01 mai, 2011
Tu aimes beaucoup Marguerite Duras.
Je na saurais dire de façon tranchée si j'ai aimé ou pas ce roman, c'est assez surréaliste, étrange, hermétique, j'ai du mal à toujours apprécier et comprendre.
dimanche, 01 mai, 2011
Elle fait ça Marguerite Duras :-) On se sait pas. Mais quelque chose passe dans son écriture qui va bien au delà de ce que les mots racontent. Je n'ai pas lu celui-là, pas lu de Duras depuis longtemps d'ailleurs. Ton billet me donne envie d'y replonger, merci !
mercredi, 04 mai, 2011
Faut s'accrocher, mais ça change et c'est pas mal aussi. Parfois ça me fait penser à Ionesco.
Il te reste encore des livres de Duras à lire donc ! Je te souhaite une bonne lecture.
mercredi, 04 mai, 2011
En fait, il me semble qu'il faut plus se laisser aller.
mercredi, 04 mai, 2011
Tu as sans doute raison. Parfois ça me demande un effort, c'est dur se perdre beaucoup de repère et d'être un peu dérouté par le fil d'une histoire.
mercredi, 04 mai, 2011
Il y a longtemps, je lisais tout Duras. Une forme d'engagement dans l'écriture et d'engagement tout court, une sensibilité qui me plaisait, me plait beaucoup.
jeudi, 05 mai, 2011
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