Cinéma d'émotions - Heures d'évasion - Echanges inspirés - Zapping critiquable . Livres (peu) aimés et Oeuvres inoubliables !...

28 juin 2011

UNE SEPARATION

d'Asghar Farhadi
Drame - 2h
Sortie salles France - 8 juin 2011
avec Leila Hatami, Peyman Moadi, Shahab Hosseini...
Ours d'Or - Berlin 2011

L'Iran d'aujourd'hui. Une séparation menace le couple formé par Nader et Simin, quand celle dernière ne voit pas d'autre solution que le divorce pour pouvoir quitter le pays avec sa fille et lui offrir un avenir. Oui mais voilà, il n'est pas question de partir pour Nader, devant s'occuper de son père souffrant. Simin quitte la maison, Nader engage une aide à domicile, Razieh, femme modeste et très croyante, afin de s'occuper de la maison et du vieil homme. Mais un jour, alors qu'elle s'absente, le vieux, enchaîné à son lit, se blesse. Furieux à son retour, Nader s'emporte contre l'aide ménagère. C'est ensuite que les choses se compliquent pour lui, quand Razieh porte plainte contre lui pour avoir provoquer la perte de son enfant, car elle était enceinte...
Une séparation qui mène à trois dilemmes : celui de Simin - doit-elle partir sans sa fille sachant qu'elle ne peut l'y obliger sans l'aval du père ? ; celui de Nader et de Razieh - doit-on mentir pour remporter un procès et donc la reconnaissance ou bien l'argent ? ; celui de la fille de Simin et Nader - doit-elle suivre sa mère à l'étranger ou rester avec son père qu'elle chérit ? Le film commence simplement, comme un drame conjugal qui se profile, mais avec des protagonistes réfléchis qui ne se complaisent pas dans des "scènes de ménage" à n'en plus finir. Et puis très vite, ça bascule, quand Nader est accusé d'avoir sciemment bousculé cette femme enceinte qu'est Razieh. Lui, pour éviter de longues années de prison ou bien parce que c'est la stricte vérité, plaide son innocence par l'ignorance de l'état physiologique de Razieh. Le mari de Razieh, qui s'échauffe rapidement et refuse de se laisser piétiner une fois de plus par des membres de la classe aisée sous le prétexte que lui est pauvre et impuissant, s'en mêle. Menaces, tentatives d'arrangements, supplications... et enfin, très tardivement, la vérité.


On pourrait presque qualifier ce film de "thriller familial" tant les tensions sont palpables, les perspectives compliquées. Finalement, cette séparation qui fait la une de l'affiche du film, n'est que secondaire. Il y a beaucoup de choses plus dramatiques qui se jouent, impliquant deux familles, ainsi que la Justice iranienne. Et surtout la jeune Termeh, écartelée entre ses parents sur le point de la rupture, entre le rejet d'un père menteur et le désir de le savoir libre.
Un très beau film très justement interprété par tous ses protagonistes, qui nous montre un Iran actuel très complexe, divers. des femmes fortes, actives, volontaires, douées de parole, même si elles portent le voile.
Un Iran dans lequel la justice civile fait sa place, où la religion reste très influente pour beaucoup. Razieh en est le symbole, craignant par dessus tout d'agir contre les principes de Dieu. Un film bouleversant et très habilement mené.
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7 Commentaires:

Anonymous alain dit...

C'est vrai. Un très beau film..

mardi, 28 juin, 2011

 
Anonymous BMR dit...

C'est aussi un film sur les mensonges, professés en toute bonne foi, imaginés pour arranger les choses, ils emportent les acteurs chaque fois un peu plus bas sur la mauvaise pente. Chacun cache, tait, ment, ... croyant bien faire. Même les enfants finiront par perdre leur innocence.
La séparation des couples, des générations, des milieux sociaux, ... Les portes, mêmes vitrées, occupent une place importante dans ce film.
Le credo d'Asghar Farhadi est de laisser le spectateur faire son propre film à partir des images qu'il nous livre. Le pari est réussi et malgré la multiplicité de ces histoires ou niveaux de lecture, le film, très maîtrisé, est d'une belle unité.
Et des acteurs qui sont, tous, vraiment tous, excellents.
Fin 2009, il ne fallait pas manquer Elly. Cette année ne manquez pas cette Séparation. Du très beau cinéma. Candidat à notre best-of 2011 !

mardi, 05 juillet, 2011

 
Blogger Lo dit...

Oui, tiens, c'est vrai, cette présence importante des portes. Ce qui confirme que le terme "séparation" est plûtot à envisager au pluriel dans ce film.

mercredi, 06 juillet, 2011

 
Anonymous Jean-François dit...

Ce film est aussi bouleversant pour moi que peut l'être une séparation...

lundi, 18 juillet, 2011

 
Blogger Lo dit...

C'est vrai. Mais dans ce film, l'accent est mis sur les dommages collatéraux d'une séparation. Au fond, les deux "mariés" se livrent peu sur leurs sentiments, leurs états-d'âme, leurs ressentis face à leur couple brisé.

lundi, 18 juillet, 2011

 
Blogger Alain dit...

Y'a un film par an de ce niveau là !

vendredi, 29 juillet, 2011

 
Blogger Lo dit...

Et il y a un seul festival de Berlin et un seul Ours d'Or par an... ;-)

mardi, 02 août, 2011

 

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