SUKKWAN ISLAND
Roman - 190 pages
Editions Gallmeister - novembre 2009
Editions poche Gallmeister - août 2011
Prix Médicis Etranger 2010
Roy, 13 ans, son père pour un séjour sur une île sauvage de l’Alaska, loin de toute civilisation et de toute clémence des éléments. Le séjour, qui aurait pu être court et agréable, se révèle long et difficile. Le dialogue entre le père, dépressif, inquiétant, et son fils a du mal à s’installer. Ils s'attellent à la tâche, de construction de garde manger en fumage du saumon pêché, prévoyant un hiver rude. Sans tout comprendre, Roy s'exécute, aide son père, se raccroche à tout espoir de quitter rapidement cette île qui leur fait vivre un enfer.
Au début, beaucoup d’images me sont venues d’autres lectures ou films : l’hostilité du grand froid de Into The Wild, la lutte pour la survie de La route de Cormac Mc Carthy, ou encore Construire un feu de Chabouté.
Ensuite, c’est la psychologie de ce père instable, effrayant par ses entêtements et ses confessions intimes, par ses tendances suicidaires qur Roy se doit de gérer malgré sa jeunesse et son statut. La 4e de couverture promet un «drame violent et imprévisible». On est donc tenu en haleine jusqu’à l’issue de la première partie du roman. Le choc, et pas celui auquel on s’attendait le plus. La promesse de l’éditeur est donc tenue.
Extrait :
«Il n’y avait aucune lumière à l’intérieur lorsque son père revint à la cabane, le feu n’était pas allumé. Roy était allongé dans son sac de couchage contre le poêle et il avait disposé plusieurs boîtes de conserve vides là où des gouttes et des filets d’eau tombaient des nouveaux trous dans le toit. Son père s’approcha de lui et le porta dans l’autre pièce en lui répétant à quel point il était désolé, mais Roy fit semblant de continuer à dormir, il ne voulait pas l’écouter, il le détestait et le craignait.»
Comme un vertige à voir ce père se débattre contre la Nature avec incohérence, contre lui-même et ses démons (obsessions pour les femmes, mal-être, pensées morbides) et prendre son fils en otage : otage physique, prisonnier sur une île hostile sans l’avoir choisi, otage psychologique, contraint d’écouter le trop plein de malaise et de pensées noires que son père déverse.
Un livre très agréable à lire par son écriture délicate et par les ambiances sombres que l’auteur a su créer. Un livre lourd de solitude, d’absence de dialogue, de regrets et de remords.
Libellés : Littérature étrangère, Livres, Vann David

5 Commentaires:
Chouette ! Désolations a donc toutes les chances de te plaire.
jeudi, 06 octobre, 2011
Lecture en cours.... A suivre !
jeudi, 06 octobre, 2011
En cours ??!!! Eh bé, tu n'as pas perdu de temps :)
jeudi, 06 octobre, 2011
Enfin, j'en suis toujours aux premières pages.... C'est qu'il faut trouver le temps entre 2 tétées ;-)
vendredi, 07 octobre, 2011
Je l'ai près dans ma pile..
dimanche, 09 octobre, 2011
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